I. Pausanias : IV, 3o
à la main une palme ou des épis. Ce type monétaire est inspiré sans doute par la statue de la Tyché d’Antioche, œuvre d’Eutykhidès de Sicyonè, dont le musée du Vatican possède une réplique en marbre. La déesse est assise sur un rocher, une glane d’épis à la main ; à ses pieds un jeune fleuve sort à demi des eaux : c’est l’Oronte, qui figurait aussi dans le groupe original. On ne saurait comparer ces grandes statues décoratives qu’aux figures allégoriques à l’aide desquelles l’art moderne personnifie les villes : elles ont la même signification. Mais l’esprit grec ne les crée qu’à une époque tardive, alors que l’art sacrifie à un goût pompeux et théâtral. Au ive siècle, les allégories sont beaucoup plus simples : une ville, une région sont figurées par l’art sous les traits d’une jeune femme, sans aucune surcharge d’attributs; le sculpteur ne vise qu’à l’élégance et à la pureté de la forme.
VAgathodœmon, sorte de génie bienveillant, est souvent associé à Tyché; ils étaient honorés en commun dans un petit temple, à Lébadeia, près de l’oracle de Trophonios. Toutefois, il est difficile de déterminer nettement le type plastique de YAgathodœmon ; nous ignorons comment Praxitèle l’avait représenté, et nous savons seulement que celui d’Euphranor tenait d’une main une patère, de l’autre des épis et des pavots. Il est vraisemblable que la sculpture lui donnait les traits d’un jeune homme. Des terres cuites de basse époque nous le montrent au contraire sous la forme d’un Silène ventru, ayant pour attributs la patère et la corne d’abondance 1 ;
i. Voir le mémoire de Gerhard : Uber Agathodœmon und Bona Dea , dans les Akadern. Abhandlungen., XII.
près de lui est une figure féminine que Gerhard interprète comme Tyché. Mais une conception aussi indéterminée que celle de V Agathodœmon n’offre pas à Part des lignes bien accusées; il serait téméraire de renfermer dans une formule plastique, et quand les artistes s’en inspirent, ils ne relèvent que de leur fantaisie.