OLYMPIEN
(Monnaie d’Elide.)
LES DIVINITÉS DU CIEL. 3S
écoles. L’expression de douceur et de calme répond à l’idée du « dieu pacifique et bienveillant qui veille sur la Grèce unie1 », On comprend facilement que l’impression produite par le visage majestueux de Zeus fût la plus saisissante, et que, suivant le témoignage de Lucien, le visiteur entrant dans le temple vît, non pas l’ivoire de l’Inde et l’or de Thrace curieusement travaillés, « mais Zeus lui-même, amené par Phidias sur la terre 2 ».
En créant le type idéal de Zeus, le maître athénien offrait aux artistes un modèle qui dut être souvent imité. L’art s’en inspire pour les statues de temples, et les textes et les médailles prouvent que des copies du Zeus olympien avaient été placées dans des sanctuaires célèbres. A Daphné, près d’Antioche, un des rois syriens de la dynastie des Séleucides, peut-être Antiochos IV Epiphanes, consacre un Zeus Niképhoros imité de la statue d’Olympie. Dans le temple qu’il élève à Athènes en l’honneur de Zeus olympien, Hadrien place une statue chryséléphantine, reproduite sur des monnaies impériales d’Athènes. L’artiste avait imité l’œuvre du sculpteur du ve siècle, mais avec des modifications qui visaient à l’effet théâtral. Le buste nu, le bras gauche qui tient le sceptre, fortement rejeté en arrière, prêtaient à l’exécution des morceaux d’école où se complaisait le goût du temps.
En dépit de ces imitations, le type de Zeus, créé par Phidias, subit, dans les périodes suivantes, des altéra-
i. Dion Chrysostome, Oyat. 74, p, 412,
?.. Lucien. De sacrlf.^ 11;
tions fort sensibles. Le propre de l’art grec est de ne pas s’enfermer dans des formules ; or la simplicité majestueuse de l’art du ve siècle ne suffit pas aux écoles du ive et du me siècle. A vrai dire, ce sont les successeurs de Phidias qui développent le type classique dont les monuments de nos musées nous ont conservé les traits.
Agoracritos, Polyclète le jeune, Képhisodote, Praxitèle et Lysippe, pour ne citer que quelques noms, exécutent des statues qui s’éloignent, suivant toute vraisemblance, dç l’idéal de Phidias. L’Athénien Léokharès revient à la tradition archaïque dans sa statue de Zeus Polieus, consacrée sur l’Acropole d’Athènes et reproduite sans doute sur une monnaie attique. Le Zeus colossal fait par Lysippe pour les Tarentins ne nous est connu que par les textes, et il serait imprudent de rapprocher de son œuvre les monnaies d’or et de bronze de Tarente, portant au droit une tête du dieu. Mais cette tête puissante appartient bien au type classique familier aux artistes des nouvelles écoles, tel qu’il nous est connu par les marbres, les médailles et les pierres gravées.
Les traits distinctifs du Zeus héllénique, consacrés par une longue tradition, sont les suivants1. Le front élevé, divisé par une dépression transversale, est encadré par les masses épaisses d’une chevelure abondante,