‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 24 sur 152 · JUNON · texte numérisé non relu

JUNON

Overbeck : Griechische Kunstmythologie. II* partie. Livre II. Héra, i873.

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« On ne voyait pas encore l’œuvre bien travaillée de Smilis, mais, sur une base antique, tu n'étais qu’une planche, que le ciseau n’avait pas sculptée. » Ces deux vers de Callimaque 1 résument, pour la période des origines, toute l’histoire du type figuré d’Héra. La déesse, fille de Kronos, comme Zeus, et partageant avec Zeus la souveraineté de l’Olympe, est honorée en Grèce dès la plus haute antiquité. Mais ses idoles, bien que travaillées de main d’homme, restent longtemps des simulacres informes. Héra était représentée à Thespies par un tronc d’arbre équarri, à Argos par une colonne, à Samos par une planche grossière-

£. Cités par Eusèbe : Prœpar. ëvang. III, 8.

$2 MYTHOLOGIE flGÜRÈE DE LA GRECE.

ment taillée. Ces rudes images ne méritent pas qu’on s’y arrête; elles nous font seulement comprendre l’origine des statues de bois (xoana) de la déesse, parmi lesquelles les plus vénérées étaient celle de Tirynthe, attribuée à l’artiste légendaire Peirasos; celle d’Argos, œuvre de Dédale; et celle de Samos, exécutée parl’Egi-

nète Smilis. Les terres cuites trouvées dans les plus anciennes sépultures grecques peuvent nous donner une idée exacte de ces idoles dédaliques d’Héra. On connaît en effet ces figurines découpées dans des plaques rectangulaires, et terminées par une tête coiffée du polos , ou du calathos1. Mais les monnaies de Samos nous permettent d’apprécier, avec plus de certitude, l’aspect que présentait le xoanon de Smilis. Dédié, suivant toute vraisemblance, au temps où Rhoecos construisait l’Héraion de Samos (entre la XXe et la XXXe olympiade), ce xoanon resta la principale image du culte; les monnaies de l’île frappées sous les empereurs le reproduisent sous la même forme aue les monnaies autonomes. La tête de la statue est surmontée du polos; les mains, soutenues par des supports, tiennent chacune une phiale. Le costume, très .compliqué, se compose de la tunique longue (kcHtoç) qui est le vêtement particulier d’Héra;

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