‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 29 sur 152 · Fr. Lenormant : Arcli. Zeitung, 18.67* pl · texte numérisé non relu

Fr. Lenormant : Arcli. Zeitung, 18.67* pl

ATHÉNA KHALKIOECOS.

(Monnaie de Sparte.)

LES DIVINITÉS DU CIEL

rait dans la pompe des Panathénées; c’est lui que l’on conduisait, sous l’escorte des Praxiergides, vers la rade de Phalère, pour le laver, au moment de la fête des Plyntéries. Il n’y avait pas à Athènes d’idole plus vénérable; elle était le centre du culte d’Athéna sur l’Acropole, où Pausanias la vit encore, toujours chère à la piété populaire. L’image d’Athéna Polias était-elle assise, et coiffée du polos, comme le veut Gerhard, qui a cru en retrouver une copie dans la statue signée d’Endoios? Otto Iahn pense, avec plus de vraisemblance, que le xoanon de l’Érechthéion reproduisait l’ancien type de l’Athéna armée, dans une pose de combat, tel que le montrent les amphores panathénaïques 1. Une curieuse statue, conservée à Dresde, peut nous donner une idée de ce qu’était ce xoanon habillé. Sans aller jusqu’à y reconnaître, avec Otto Iahn, une copie de l’Athéna Polias, on admettra sans peine que ce marbre est une sorte de pastiche, d’ailleurs récent, d’une statue de très ancien style. Les plis du peplos sont raides, et ajustés avec soin. La broderie qui court sur le devant représente des scènes de la Gigantomachie; c’était également le sujet que l’aiguille des Arrhéphores brodait sur le peplos de la déesse. Enfin l’attitude dépourvue d’ai- s sance trahit l’imitation d’une statue de bois. C’est donc la Minerve de Dresde qu’on peut demander les lignes générales de la célèbre statue athénienne. Quant à la tête, coiffée du casque, il est probable qu’elle ne différait pas beaucoup de celle qui figure sur les anciennes mon-

i. Cf. Aristophane : les Oiseaux , v. 286. 0e6<;, yuv?) Ysyovuta, uavouXiaç £<ttï]x’ e^ouaa.

naies attiques; grâce à ces documents, on imagine facilement les traits durs et anguleux de la déesse poliade.

A une époque déjà historique, l’art des maîtres primitifs essaye de traduire le double caractère de la déesse, considérée comme protectrice de la paix, et comme vierge guerrière. C’est de la première conception que s’inspirait Endoios, quand il représentait à Erythres la déesse assise , coiffée du polos , et tenant une quenouille. L’Athéna du même artiste, dédiée par Kallias sur l’Acropole d’Athènes, procédait du même type. Mais l’art sévère semble avoir surtout reproduit avec prédilection la déesse belliqueuse des poèmes homériques , l’Athéna revêtue de l’armure éclatante, portant « l’égide , arme horrible, qui résisterait même à Zeus C’est sous cet aspect que la représente Andokidès sur un vase peint dont nous reproduisons une figure. Parmi les monuments de la période archaïque, il n’en est pas oü ce caractère soit traduit avec plus d’énergie que dans la statue du fron-

( Statue de style archaïque. — Musée de Dresde.)

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