Id. VIII, i
FORMATION DES TYPES FIGURÉS
les exégètes des temples montraient encore au voyageur grec des pierres brutes, qui passaient pour être les plus anciennes représentations des dieux. C’est ainsi qu’à Thespies, une pierre non travaillée («pyo; )dÔoç) était conservée comme un antique simulacre d’Éros 1. Souvent, la légende attribuait à ces pierres une origine surnaturelle; elles étaient tombées du ciel, comme les trois pierres qui, à Orchomène, représentaient les Kharites. On retrouve ici, suivant toute vraisemblance, le souvenir du culte sémitique des bétyles, ou aérolithes 2, dont l’étrangeté, la couleur noire, la provenance singulière avaient dû vivement frapper l’imagination des peuples primitifs. Il est naturel que par la suite, on ait prêté un caractère divin aux pierres qui, par quelque particularité, pouvaient donner lieu à une légende religieuse. L’otoyoç mOoç des Hellènes s’explique facilement par le bétyle des Orientaux. Très répandue en Syrie et en Phénicie, cette forme de culte a pu s’introduire en Grèce par la Crète; elle s’est conservée avec une singulière persistance dans les pays grecs oü les religions orientales avaient le plus profondément pénétré. On a retrouvé à Antibes une pierre de forme ovoïde, sorte de bétyle consacré par un habitant d’Antipolis à l’un des génies qui accompagnent l’Aphrodite Cypriote, et portant l’inscription suivante : « Je suis Terpon, serviteur de la déesse, de la vénérable Aphrodite 3. »
Un progrès naturel consista à donner aux pierres