Lucien : Anacharsis, p. 55 1, éd. Didot
avec les représentations du dieu Citharède. Ici, il est encore au repos, mais il a déjà saisi la lyre et semble se préparer à guider le chœur des Muses. Dieu de la musique, il est tel que nous le montre la statue de Scopas, le plus souvent vêtu de la longue robe pythique, d’autres fois nu comme dans la statue de l’Apollon au cygne du Capitole. C’est le dieu des chants harmonieux et des luttes musicales, celui « que l’aède au doux langage, s’accompagnant de la lyre sonore, chante le premier et le dernier1 ».
Enfin la dernière série comprendrait les imagés oü le caractère bienveillant du dieu est traduit par un attribut significatif, comme la patère qu’il tient à la main. Il est permis de croire qu’une des statues du temple de Delphes le représentait ainsi. Pausanias parle d’une statue d’or placée dans le sanctuaire du temple ; c’est sans doute celle qui figure sur des monnaies delphiennes de l’époque impériale : le dieu, tenant la patère, semble accueillir avec faveur les prières des fidèles. Cette statue était placée dans la partie la plus reculée du temple, à côté de l’image d’ancien style représentée sur les ex-voto des vainqueurs aux jeux pythiques.
§ II. MYTHES FIGURÉS d’aPOLLON.
Les scènes mythologiques auxquelles le dieu est mêlé sont fort nombreuses ; nous citerons seulement celles qui se rattachent le plus étroitement à sa légende, et qui ont été traitées par les artistes avec le plus de
i. Hymne homérique, XX.
prédilection. On sait comment, après sa naissance sous le palmier de Délos, Apollon s’élance au' milieu des Olympiens, et se dirige ensuite vers le vallon de Crissa; comment il perce de ses flèches le serpent Python, gardien de l’antique oracle de Pytho, et établit à Delphes son propre culte et son oracle prophétique.
L’ensemble de cette légende a souvent inspiré les artistes, qui ont retracé les deux phases du mythe1. De nombreux monuments, statues, médailles ou peintures de vases, montrent la première scè- *§ ne : c’est Latone, portant dans ses brasses deux enfants, Apollon et Artémis, et fuyant effrayée devant le monstre, i. Voir Schreiber : Apollon Pythoktonos , Leipzig, 1879.