II. — PRINCIPALES ATTRIBUTIONS D’HERMES
En raison de ses attributions, Hermès est fréquemment mêlé aux scènes figurées, sans que cependant ni ses attributs ni son caractère plastique subissent de grandes altérations. Mais les différents rôles qui lui sont prêtés expliquent sa physionomie morale; il n’est pas inutile de les signaler, pour l’intelligence des monuments figurés.
Nous avons déjà rappelé le caractère de dieu pastoral, auquel fait allusion l’épithète de criophore attribuée à Hermès portant le bélier. Il était adoré sous ce nomàTanagra, et ce culte explique la fréquence des terres cuites béotiennes, qui le montrent tenant un bélier sous le bras 1. Un bronze trouvé en Arcadie lui prête la même attitude; il est naturel que les populations pastorales de la Grèce aient été fidèles au culte d’Hermès protecteur des troupeaux. Aussi le bélier estil souvent un des attributs d’Hermès, porté par le dieu, ou figuré simplement à ses côtés. Ces représentations étaient fréquentes; il est fort probable que l’art chrétien y a puisé un de ses sujets les plus familiers, celui du Bon Pasteur.
^ i. Il porte aussi quelquefois le strigile, en souvenir de l’attique des Érétriens qu’il avait repoussés à la tête des jeunes Tanagréens, armé de cet instrument. Conze. Annali, i858. Monum. Tanagrei.
LES DIVINITÉS DU CIEL
Le personnage d’Hermès, considéré comme messager des dieux, est traité par l’art avec une grande prédilection. Plusieurs statues conservées dans nos musées reproduisent ce caractère : par exemple, l’Hermès du palais Farnèse, et le bronze trouvé à Herculanum (fig. 47), qui le montre assis sur un rocher, prêt à reprendre son vol, pour accomplir un message de Zeus. Après le ive siècle, l’art se plaît à indiquer avec plus de précision les attributs qui font allusion à la rapide allure d’Hermès; il ajoute des ailettes à la coiffure, et au kérykéion, désormais formé de la baguette autour de laquelle s’enroulent deux serpents. Héraut divin, Hermès est mêlé sur les vases peints et les bas-reliefs à un grand nombre de scènes figurées; il assiste au jugement de Marsyas, au combat de Persée contre la Gorgone; il accompagne les Muses, et conduit auprès de Pâris les trois déesses qui vont disputer le prix de la beauté. C’est lui encore qui précède les dieux dans les processions divines représentées souvent sur les vases peints; dans les sacrifices, il est le Kadmilos chargé de conduire les victimes, comme sur les bas-reliefs qui ornent la base du candélabre Barberini.
Ses fonctions de messager le mettent en relations avec le monde infernal. Hermès est le dieu Psychopompe, qui guide les âmes des morts vers la sombre demeure d’Hadès. La poésie homérique le montre agitant sa baguette d’or, et entraînant à sa suite les âmes qui se pressent derrière lui, faisant entendre un faible gémissement 1. Dans l’art du ive et du 111e siècle, cette idée est traduite par la plastique avec une rare noblesse. Sur un