‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 55 sur 152 · Odyssée, XXIV · texte numérisé non relu

Odyssée, XXIV

beau vase funéraire en marbre trouvé à Athènes, Hermès conduit par la main une jeune morte, Myrrhine, qui le suit, les yeux baissés, tandis qu’un groupe de trois personnages contemple la scène avec une crainte religieuse. Ce n’est plus, comme dans les vers homériques, le conducteur impitoyable de la foule bruissante des âmes ; tourné vers sa compagne, il a dans son mouvement rapide toute la grâce de l’éphèbe grec. Messager des puissances infernales, aussi bien que des dieux d’en haut, Hermès ramène quelquefois à la lumière du jour les mortels qui ont obtenu d’Hadès la grâce de la revoir. Sur une des colonnes sculptées trouvées à Éphèse par M. Wood *, on a pu reconnaître Hermès Psychopompe qui s’apprête à accompagner hors des enfers Alceste rendue à la vie : Hadès et Persephoné la confient au héraut divin. Hermès est représenté avec les mêmes attributions dans le beau bas-relief d’Orphée, que nous reproduisons. A l’époque romaine, grâce au symbolisme funèbre qui se fait jour sous les Antonins, les sculptures des sarcophages montrent souvent le dieu Psychopompe associé à des allégories mystiques 1 2. Il amène près du corps modelé par Prométhée l’âme qui doit l’animer, sous la figure de Psyché. Quand l’âme entre dans la vie future, il l’entraîne auprès d’Eros, à qui elle doit s’unir dans un embrassement éternel. Mais ces scènes répondent à des préoccupations toutes nouvelles et à des idées sur la vie future qui sont restées étrangères à l’art grec de la bonne époque.

1. Discoveries at Ephesus, c f. Curtius : Arch. Zeitung, 187 3, pl. LXY-LXVI.

Page 1