‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 65 sur 152 · APHRODITE ORIENTALE · texte numérisé non relu

APHRODITE ORIENTALE

(Figurine cypriote du Louvre.)

l’oiseau consacré à la déesse cypriote 4. Suivant le témoignage d' Athénée, on en élevait un grand nombre dans le téménos du temple de la déesse à Paphos : c’est ainsi qu’aujourd’hui on peut voir des volées de pigeons s’ébattre dans les platanes qui ombragent la cour de certaines mosquées turques.

Il est facile de comprendre comment le commerce a pu répandre les images de la déesse de Cypre dans tout le bassin oriental de la Méditerranée. Beaucoup de navigateurs devaient imiter l’exemple de ce marchand grec de Naucratis, Hérostratos, qui, revenant d’un pèlerinage à Paphos, vers la LI I Ie olympiade, rappoita une petite statuette d’Aphrodite, et la dédia dans un sanctuaire de la déesse, comme une image miraculeuse1 2. Il est curieux de constater qu’en Grèce, les temples renfermant les plus anciennes images de la déesse, citées par les auteurs, se trouvent sur le littoral ou dans les îles, à Cythère, à Argos, à Athènes, partout où le commerce avec l’Orient était facilité par les relations maritimes. Au moment où l’art grec subit encore les influences étrangères, il emprunte à l’art cypriote le type d’Aphrodite; et par contre, l’action de l’archaïsme grec, déjà émancipé, se fait sentir de bonne heure chez les artistes de Cypre. Ainsi paraît s’expliquer cet air de famille commun aux représentations archaïques d’Aphrodite, soit que les terres cuites proviennent de Cypre, soit

1. Voir les terres cuites de Tortose, d’origine phénicienne, où Aphrodite tient une colombe sur son sein : de Longpérier : Musée Napoléon III, pl. XXVI, n“ 2.

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