Voir Heuzey, loc. cit., p
LES DIVINITES DU CIEL
qu’elles appartiennent à Rhodes ou à la Grèce propre.
Nous pouvons désormais étudier le développement du type de la déesse dans les pays grecs, en négligeant le point d’origine. L’art archaïque se ressent encore longtemps des influences cypriotes. C’est le type connu par les terres cuites de l’ile qui s’impose aux sculpteurs; ils y ajoutent seulement une grâce sévère qui est bien hellénique. La déesse dont la puissance mystérieuse préside à la renaissance de la nature et à l’union des êtres est représentée sous les traits les plus chastes. Strictement vêtue du chiton qui s’ajuste au corps et de la robe longue, elle tient d’une main contre son sein un fruit, une fleur, ou une colombe, et de l’autre relève légèrement un pan de sa robe. Bien que brisée à micorps, la statue du musée de Lyon reproduite ici peut donner l’idée de cette conception. M. Fr. Lenormant fait remarquer avec raison qu’elle est purement grecque et incline à y reconnaître un spécimen de l’art ionien, contemporain des statues des Branchides1. Il est permis de croire que l’art archaïque s’éloigne peu de ce type. Pausanias décrit la statue d’Aphrodite exécutée pour Sicyone par Kanakhos en termes qui conviendraient presque aux images cypriotes : « La déesse, faite d’or et d’ivoire, porte le polos $ur la tête; d’une main elle tient le pavot, et de l’autre, la pomme2. » Même conception dans une série de petits bronzes, de style éginétique, dont quelques-uns ont servi de support à des miroirs : la pomme et la fleur sont les attributs consacrés. Il