Hymne homérique à Aphrodite : IV, vers
LES DIVINITES DU CIEL
celle du musée de Copenhague que nous reproduisons
ici. Ailleurs, comme dans un exemplaire conservé au
i++ MYTHOLOGIE FIGUREE DE LA GRÈCE.
Musée Britannique, la déesse est accompagnée de deux génies ailés, Pothos et Himéros. On ne possède malheureusement pas de statues de marbre authentiques pour la période du ve siècle; mais un beau bas-relief de l’école de Phidias nous permet de croire que la grande' sculpture suivait encore la même tradition. Nous voulons parler du fragment de la frise orientale du Parthénon, ou Aphrodit eest représentée voilée, accompagnée d’Eros. On sait d’ailleurs que Phidias avait fait trois statues de la déesse, entre autres une statue chryséléphantine de l’Aphrodite Ourania, pour la ville d’Elis ; c’est à peine une hypothèse de croire que le sculpteur athénien l’avait figurée voilée, et la même présomption s’impose pour l’Aphrodite des jardins (sv xvrrc oiç), œuvre d’Alcamènes. D’autre part, les peintres céramistes, à la même époque, représentent la déesse sous des traits analogues : on peut en juger par la belle coupe de Hiéron, où l’artiste a retracé la scène du jugement de Pâris.
A mesure que l’art devient moins religieux et plus sceptique, il est conduit à faire prévaloir, dans le type delà déesse de l’amour, le caractère gracieux et sensuel; la dignité sévère de l’Aphrodite Ourania subit quelque atteinte. Bien plus, la personne même d’Aphrodite se dédouble en quelque sorte. Au ive siècle, un des thèmes favoris de la littérature platonicienne est l’opposition des deux Aphrodite, dont la plus récente éveille surtout des idées de volupté et d’amour vulgaire. On connaît le passage souvent cité du Banquet de Platon * « Qui ne doute qu’il y ait deux Aphrodite? l’une plus âgée, fille d’Ouranos, et qui n’a point de mère : nous Ja