‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 70 sur 152 · Épigr. de Platon : Anth. Planud., IV · texte numérisé non relu

Épigr. de Platon : Anth. Planud., IV

FIG» SS* — Aphrodite.

(Statue trouvée à Milo. - Musée du Louvre.)

ISO

L’œuvre de Praxitèle répondait trop bien aux goûts sensuels d’un siècle sceptique pour n’avoir pas joui d’une grande faveur. On sait, par les imitations qui nous en sont parvenues, à quel point ce type nouveau est devenu familier à l’art. Dans les fouilles récentes faites par l’École française d’Athènes à Ali-Aga, sur l’emplacement de Myrina *, les explorateurs ont trouvé un grand nombre de statuettes en terre cuite de l’Aphrodite cnidienne Les musées d’Europe en possèdent des répliques en marbre plus ou moins directes, comme la statue de la Glyptothèque de Munich, et celle du Vatican2; cette dernière paraît se rapprocher plus que toute autre du style de l’original, bien que le sculpteur ait ajusté une draperie sur la partie inférieure du corps. Quant aux traits du visage, il faut sans doute les demander à une tête colossale du Capitole, et à la charmante tête en marbre de Paros, trouvée en 1823 dans le théâtre d’Arles; le fin ovale du visage, l’agencement gracieux et simple de la chevelure, retenue par un ruban, semblent convenir au type créé par le maître illustre de la nouvelle école attique. Après lui, l’art reprend ce motif et le traite avec une infinie variété. Tandis que Praxitèle représente la déesse dans sa nudité d’un moment, ses imitateurs raffinent sur ce thème : ils y cherchent les traits essentiels du nouveau type idéal d’Aphrodite. La Vénus du Capitole, qui

1. Voir Reinach et Pottier : Fouilles dans la Nécropole de Myrina : Bull, de Corr. hell., 1882, p. 557 et suiv. ; 1 883, p.81 etsuiv.

2. Musée Pio Clementino, n° 574. Voir sur les répliques de l’Aphrodite de Cnide : Michaelis : Arch. Zeitung, 1876, p. 146. Die Vatikanischen Repliken der Knidischen Aphrodite.

LES DIVINITES DU CIEL

n’est pas antérieure au me siècle avant J. -G., la Vénus de Médicis à Florence, exécutée par Cléomènes d’Athènes, d’après une inscription gravée sur la base 1 , sont les exemplaires les plus remarquables de la longue série de statues où la déesse est figurée dans une attitude pudique, cherchant à couvrir de ses mains la nudité de son corps. Chose curieuse, l’art, à son déclin, en vient à reprendre l’antique motif des idoles asiatiques, mais avec une intention toute différente. Il n’y a qu’un rapport de geste et d’attitude entre la Vénus du Capitole et les grossières figurines susiennes ou babyloniennes qui représentent l’Aphrodite orientale.

L’art gréco- romain se plaît à varier à l’infini le sujet du bain d’Aphrodite. Tantôt la déesse est accroupie,

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