‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 75 sur 152 · FIG. 59. APHRODITE ET EROS · texte numérisé non relu

FIG. 59. APHRODITE ET EROS

(Plaque de terre culte estampée.)

naies siciliennes d’Éryx, dont le style accuse la date du ve siècle1. Dans la tradition artistique de cette époque, Eros ne se sépare pas de la déesse, dont il est, en quelque sorte, une émanation. Il voltige auprès d’elle, avec

1. Catalogue of the Greek coins in the Brit. Muséum : Sicily, p. 63, n° i}, et médailles d’Éryx de la collection Imhoof.

IÔO MYTHOLOGIE FIGUREE DE LA GRECE.

son compagnon Himéros, dans de petits groupes de bronze servant de support à des miroirs, et conservés au Musée Britannique; tandis que la statuette de la déesse forme la poignée du miroir, les deux génies ailés en soutiennent le disque1. Les peintres céramistes, au temps de la belle peinture rouge de style sévère, lui attribuent le même rôle. Soit qu’il vole vers Aphrodite, en lui apportant des couronnes et des bandelettes, soit qu’il l’aide à sa toilette, Eros est le serviteur fidèle de la déesse de l’amour. Il personnifie le charme invincible qui est le plus redoutable attribut d’Aphrodite. Suivant l’énergique expression d’Archiloque, il est « le désir qui énerve les membres » ; les ailes dont il est muni, comme Eris, Phobos, et toutes les divinités allégoriques des passions humaines, rendent son action rapide et sûre.

Jusqu’au ive siècle, l’art ne représente pas Eros isolément. La nouvelle école attique commence à lui prêter un caractère personnel plus accentué, et en fait un personnage distinct, ayant sa divinité propre. On ne connaît que par le texte de Pausanias le groupe des trois Amours, Eros, Pothos, Himéros, exécuté par Scopas pour le temple d’Aphrodite Praxis à Mégare2, mais on sait mieux comment Praxitèle avait conçu et traité le type figuré d’Eros, dans une série de statues célèbres. L’Eros de Thespies était en marbre pentélique; placé près des statues d’Aphrodite et de la courtisane Phryné, il offrait à la poésie légère le thème de piquants

1. Voir le dessin d’un de ces manches de miroir \ Manuel d’ Archéologie grecque, hg. 1 3g.

Page 1