‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 78 sur 152 · I, - — HÉPHAISTOS (VULCAIN) ET LES GENIES DU FEU · texte numérisé non relu

I, - — HÉPHAISTOS (VULCAIN) ET LES GENIES DU FEU

Blümner : De Vulcani in veteribus artium monumentis figura.

Breslau, 1870.

Si Ton tient compte des idées que devaient éveiller dans Timagination des races primitives les phénomènes du feu céleste et des éruptions volcaniques, on comprendra sans peine que le dieu du feu ait eu sa place marquée parmi les grandes divinités de l’Olympe grec. Toutefois le cycle figuré d’Héphaistos n’est pas en rapport avec l’importance mythologique du dieu. Il semble que la poésie ait jeté sur ce personnage une sorte de défaveur, et que ses représentations artistiques s’en soient ressenties. Dans la légende homérique, Héphaistos encourt la disgrâce de Zeus. Suivant une autre version, sa mère, Héra, rougissant de cet enfant difforme et boiteux, le précipite du haut de l’Olympe, d’où il va tomber dans Pile de Lemnos. Nous n’avons pas à

rechercher ici le sens de ce mythe : il importe toutefois de remarquer que certaines représentations, fort en faveur dans les pays orientaux, ont pu fournir quelques traits descriptifs à l’imagination des poètes1. L’image d’un dieu égyptien, le Ptah embryon, figuré comme un enfant débile et difforme, n’est peut-être pas restée étrangère à la conception hellénique d’Héphaistos ; cette forme rudimentaire répondait à l’idée d’une force primordiale, celle du feu.

Avec les progrès de la plastique, le type figuré d’Héphaistos perd ce caractère embryonnaire; le rôle du dieu se précise et s’accuse. Il devient le forgeron divin, habile dans tous les arts métallurgiques; sa forge embrasée, que la légende place tantôt sur l’Olympe, tantôt à Lemnos, dans les profondeurs du sol, produit les œuvres d’art les plus achevées. Dans ï Iliade, quand Thétis vient le visiter, elle le trouve « actif, couvert de sueur, tournant autour de ses soufflets : car il fabrique à la fois vingt trépieds, destinés à orner le contour de son solide palais2. » L’art lui prête la figure d’un homme vigoureux, d’abord imberbe et dans la Heur de l’âge, plus tard dans toute la force de sa robuste maturité. Sa jambe boiteuse, qui lui vaut l’épithète de xuXXotco&lwv, lui donne un aspect caractéristique. Toutefois les artistes s’efforcent plutôt d’atténuer cette difformité. On louait, dans une statue faite par Alcamènes, l’art avec lequel le sculpteur avait presque dissimulé, sous les plis d’une draperie, l’infirmité du dieu. Un autre sculp-

1. Cette hypothèse a été émise par M. Heuzey : Catal. des Figurines du Louvre, p. 1 1 .

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