II. — HESTIA-VESTA
Preuner : Hestia-Vesta; Tubingue, 1864.
La déesse du foyer, symbole de la religion domestique et du culte divin, prend place comme Héphaistos parmi les grands dieux. Mais sa légende présente un caractère de simplicité très frappant; par là même, son type figuré comporte peu de variété. On peut croire que le culte d’Hestia est resté longtemps sans images : l’autel où brûlait la flamme suffisait à évoquer l’idée de la présence divine.
Quand l’art prête à Hestia la forme humaine, il s’attache surtout à traduire la physionomie chaste et austère de la déesse gardienne du foyer. L’attitude qui lui convient est celle de l’immobilité, car suivant Platon « Hestia reste seule en repos dans la demeure des dieux1». Les artistes expriment parfois cette idée en donnant à la déesse la forme d’un hermès ; un marbre du Casino Rospigliosi, à Rome, la montre enfermée jusqu’au buste dans une gaine quadrangulaire, et la tête voilée. Nous ne connaissons que par les textes les images d’Hestia qu’on voyait au Prytanée d’Athènes, à 01ympie,et à Paros ; mais le musée Torlonia, à Rome, possède une statue2 qui nous fait voir sous quels traits l’art de la meilleure époque avait conçu le type de la fille de Kro-