Orphica : v. 42, etc
i8o MYTHOLOGIE FIGURÉE DE LA GRÈCE.
Heures sont associées dans une scène d’offrande1. Comme les Heures, les Kharites ont le caractère de déesses gracieuses, et les noms qu’elles portent dans la tradition courante y font allusion : elles s’appellent Aglaia, Thalia, Euphrosyné2. Mais elles ont un rôle particulier, c’est de dispenser aux hommes toutes les qualités qui charment et séduisent. L’art archaïque traduisait naïvement cette conception en leur prêtant des attributs musicaux. Tektaios et Angélion les avaient figurées en un groupe placé sur la main de l’Apollon colossal de Délos; elles portaient les flûtes, la lyre, et la syrinx. La tradition du style sévère les représente toujours complètement vêtues, par exemple sur les basreliefs de l’autel des douze dieux, et sur les bas-reliefs de Thasos, où Hermès est suivi de l’une des Kharites. L’art attique du ve siècle reste fidèle à ce type archaïque; nous en avons la preuve, grâce à un monument que le nom de l’artiste suffirait seul à désigner à notre attention. On sait que Socrate, fils du sculpteur Sophroniskos, avait dans sa jeunesse exercé l’art de son père; il était l’auteur d’un groupe des Kharites vêtues placé à l’Acropole, derrière le piédestal d’Athéna Hygieia. M. Benndorf a démontré récemment, dans une ingénieuse étude, que nous possédons les fragments mutilés du groupe attribué à Socrate3. Restitué dans son ensemble, par com-
1. Voir notre article sur Trois vases peints à ornements dorés. Rev. Arch., 1875.
2. A Athènes, elles se nommaient Thallo, Auxo, Hégémoné. A Sparte, il n’y avait que deux Kharites, Kléta et Phaenna. (Pausanias, IX, 35.)