‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 87 sur 152 · Anthol. gr. II, i · texte numérisé non relu

Anthol. gr. II, i

2. M. Guédonoff ( Annali , XXIV) pense qu’elles ont pu être faites à l’imitation du groupe d’Agéladas et de ses collaborateurs. Il faut en rapprocher deux autres statues; l’une est à Mantoue ( Annali , ibid. tav. D), l’autre à Saint-Pétersbourg (ibid., tav. C).

3. Cf. notre article sur Apollon et les Muses : Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux. I.

( Fragment d'une peinture de vase attique.)

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rienne, ou du chiton ionien à larges manches, fait d’une fine étoffe plissée, à demi recouvert par un ample himation. Elles ne portent que des attributs musicaux, barbiton, flûtes, rouleaux de musique, et encore ces attributs ne sont pas répartis avec rigueur entre les Muses. Clio porte parfois les flûtes d’Euterpe, et il n’est pas rare que, dans les peintures de vases, les Muses tiennent en main des guirlandes ou des coffrets à bijoux, qui n’ont aucun rapport avec leur rôle habituel.

Il faut arriver jusqu’à la période alexandrine pour trouver les attributs des Muses fixés d’une manière à peu près invariable. On voit alors apparaître, à côté des instruments de musique, les emblèmes scéniques, tels que les masques, et ceux qui font allusion aux lettres et aux sciences, comme les tablettes à écrire, le style, le globe, les compas, la ciste pleine de rouleaux. Peut-être le classement des attributs s’est-il opéré sous l’influence du musée d’Alexandrie; tout au moins, dans les peintures d’Herculanum et de Pompéi, dont le caractère alexandrin n’est pas douteux, les Muses ont des attributs spéciaux ; chacune d’elles est désignée non seulement par son nom, mais par celui du genre littéraire, de l’art, ou de la science qu’elle représente1. Cette répartition des attributs est constante dans les monuments de l’époque romaine, parmi lesquels nous citerons surtout la table de marbre d’Arkhélaos de Priène, connue sous le nom d1 Apothéose d: Homère;

i. Helbig : Wandgemælde , etc., 858, 85g, 866, 867, 868, 871, 878, 887.

FIG. 7 1. MUSES ; CLIO, URANIE, THALIE. (Rome:

ajoutons les statues du musée de Berlin, les bas-reliefs d’une base de marbre d’Halicarnasse1 et ceux qui décorent les sarcophages romains2. Clio, la Musedel’histoire, tient un manuscrit et l’écritoire ; Euterpe a la double flûte; Thalie, la Muse de la Comédie, porte le pedum pastoral en forme de bâton recourbé, et le masque comique; elle est vêtue de la tunique de laine. La Muse de la Tragédie, Melpomène, tient le masque tragique et la massue d’Héraklès. A Terpsichore, qui préside à la danse, appartient la lyre ; c’est aussi l’attribut d’Erato, déesse de la poésie érotique. Polymnie, la déesse des hymnes héroïques, est debout, dans une attitude méditative, enveloppée des plis de son manteau. Uranie tient le globe céleste et le radius ou compas. Enfin, Calliope, Muse de la poésie épique et de l’éloquence, a pour attributs le style à écrire et les tablettes.

Gerhard : Licht gottheiten , dans les Akademische Abhandlungen.

Parmi les principaux dieux de l’Olympe, Apollon et Artémis, comme on Ta vu, sont primitivement des personnifications des deux grands astres du ciel. On ne s’étonnera pas, cependant, de trouver d’autres divinités qui dérivent de la même origine mythique. Tandis que

1. Trendelenburg. Der Musenchor : relief einer Marmorbasis aus Halikarnass.

2. Voir celui du Louvre. Frohner : Sculpture antique du Louvre, n° 378.

LES DIVINITÉS DU CIEL. 189

le caractère moral finit par prévaloir dans la conception grecque d'Apollon et d'Artémis, Hélîos et Séléné

personnifient l'action physique du soleil et de la lune. Avec Eos, ou l'Aurore, ils forment le groupe le plus important des divinités des astres.

Eos est la sœur d'Hélios, ou du soleil. C’est elle qui, dans la poésie grecque, annonce la brillante appa-

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rition de son frère. L’art s’empare de cette conception qu’il traduit souvent, surtout à l’époque la plus récente. Les peintures de vases italo-grecques montrent l’Aurore, montée elle-même sur un char, et précédant le quadrige du soleil : devant elle vole Phosphoros, l’étoile du matin1. Les peintres céramistes la représentent sous les traits d’une femme ailée; on la voit, sur une coupe peinte du musée de Berlin, vêtue d’une tunique à plis fins et d’un manteau, déployant de larges ailes, et guidant les chevaux ailés de « l’Aurore aux blancs coursiers ». Quelquefois, quittant son char, elle vole dans les airs, tenant les hydries d’où elle fait pleuvoir la rosée sur la terre2. *

Avec Hélios, le jour paraît dans tout son éclat. La poésie attribue au dieu du soleil un attelage de chevaux blancs, rapides et fougueux; ils l’emportent à travers le ciel, dans la course quotidienne qu’il accomplit de. l’Orient à l’Occident. Hélios n’en est pas moins une divinité secondaire, que l’art grec de la bonne époque ne représente pas isolément. Il figure dans les grandes compositions plastiques, comme un personnage accessoire; ainsi, au fronton oriental du Parthénon, il est représenté guidant son char et émergeant des eaux, pour éclairer la scène merveilleuse de la naissance d’Athéna. Sur la base du trône de Zeus olympien,

1. Peinture qui décore l’anse du vase de Canosa, musée de Munich. (Pinacothèque.)

2. Nous nous bornons à. signaler les principaux mythes d’Éos, souvent figurés sur les vases; ses amours avec Képhalos, et son rôle dans la légende de son fils Memnon, tué par Achille; plusieurs peintures la représentent enlevant le cadavre de Memnon.

FIG. 73. — HÉLIOS. ("Métope trouvée à Ili on.)

Hélios et Séléné étaient mêlés à la foule des dieux entourant le maître de l’Olympe1. C’est surtout à Rhodes que les représentations du dieu du soleil prennent leur plein développement. On sait qu’Hélios était la grande divinité de l’île, et que les Rhodiens le considéraient comme le père de leur race ; Charès de Lindos avait exécuté pour eux une statue colossale du soleil, dont la description nous a été conservée par Philon de Byzance2. Les monnaies rhodiennes prêtent à Hélios un visage imberbe, une chevelure épaisse et flottante, entourée d’une couronne de rayons. Ce type reste en vigueur pendant toute l’antiquité; on le retrouve sur. les peintures de vases, et sur la métope trouvée à Ilium novum dont nous donnons le dessin.

Séléné, ou Mêné, qui personnifie la lune, est aussi, d’après les mythographes, une sœur d’Hélios. Les poètes retracent la gracieuse image de la déesse, au front ceint d'une couronne d’or, « dont les rayons se répandent au loin, lorsque le soir, au milieu du mois, la divine Séléné, après avoir baigné son beau corps dans l’Océan, revêt des vêtements splendides, et ayant attelé ses chevaux lumineux, les pousse en avant avec ardeur3». Dans l’art, Séléné est figurée sous les traits d’une jeune femme, montée sur un cheval. On connaît cette représentation par des peintures de vases, par des monnaies, comme celles de Phères et de Patrae. Nous citerons aussi la charmante figure de la frise de l’autel

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