Virgile : Enéide, III
î<?+ MYTHOLOGIE FIGUREE DE LA GRÈCE.
aussi éclore dans l’esprit des Grecs des conceptions poétiques, souvent exprimées par Fart. Mais le déchaînement brutal des forces aveugles de la nature éveillait surtout des idées de terreur : pour les poètes comme pour les artistes, les génies des orages et des tempêtes étaient des êtres monstrueux, chez qui la figure humaine s’alliait aux formes animales. Typhon, le génie de l’ouragan, est « un dieu terrible...; sur ses épaules se dressent cent têtes de serpents, d’affreux dragons, dont les gueules effroyables dardent toutes des langues noires1. » Sa fille, la Chimère, présente un assemblage repoussant de membres empruntés au lion, à la chèvre, et au dragon. Les Harpyies, divinités de la tempête, sont des monstres moitié femme et moitié oiseau2.
Nous ne pouvons ici étudier en détail toutes les représentations figurées de ces génies malfaisants. Remarquons toutefois que l’art grec semble les avoir empruntées, à l’origine, aux monstres fantastiques enfantés par l’imaginationmaladive de l’Orient. Ces procédés se montrent très clairement dans le type de Borée, qui personnifie la violence du vent du Nord. Dans l’art archaïque, Borée est une de ces figures monstrueuses chères aux artistes primitifs, où l’influence de l’Assyrie paraît se faire sentir3. Sur le coffre de Kypsélos, ses jambes se terminent en queues de serpents. La forme humaine prédomine bientôt, et sur certains vases de style corin-