LE CORTÈGE DE POSEIDON
Overbeck : Griechische Kunstmythologie , IIIe livre.
Poséidon.
Tous ces génies secondaires sont soumis à l’empire du maître de la mer, Poséidon, « le grand dieu marin, qui
it E. Renan : Études dt Histoire religieuse, p. 21»
ébranle la terre et la mer inépuisable h » De bonne heure Poséidon apparaît dans Part comme une figure distincte, avec sa personnalité mythologique. Si l’on ne sait rien de précis sur la nature de ses plus anciennes images, à une époque très reculée il est déjà représenté sur les murailles du temple d’Artémis Alpheionia, près d’Olympie, par un peintre primitif, Cléanthes de Corinthe. Associé à la scène de la naissance d’Athéna, il tenait à la main un thon, où l’on reconnaît sans peine un de ses attributs ordinaires. La plupart des représentations archaïques de Poséidon ne nous sont connues que par les textes : ainsi la statue de bronze de Poséidon Hippios à Phénée, dédiée, disait-on, par Ulysse, ou bien encore les bas-reliefs du temple d’Athéna Khalkiœcos à Sparte, où le dieu figurait à côté d’Amphitrite. En réalité, on ne possède pas de statue ou de bas-relief véritablement archaïque, où l’on puisse avec certitude retrouver le type de Poséidon, pour la période antérieure aux dernières années du vic siècle. C’est aux peintures de vases et aux monnaies qu’il faut demander ces renseignements.
La conception mythologique de Poséidon se rapproche trop de celle de Zeus, pour qu’il n’y ait pas, entre les types de ces deux dieux, quelques traits communs. Rappelons seulement le type du Zenoposeidon, sorte de Zeus de la mer, qui figure sur des monnaies impériales de Mylasa, tenant à la fois l’aigle et le trident. Sur les vases d’ancien style, Poséidon est à peu près figuré comme Zeus, complètement vêtu, portant, sur sa tunique talaire, un himation richement brodé ; sa longue che-
ï. Hymne homérique à Poséidon. XXI.
velure et sa barbe sont peignées avec soin; souvent son front est ceint d’une couronne ou d’une bandelette. C’est sous cet aspect que le montrent des plaques de terre cuites peintes , trouvées près de Corinthe ; ces tablettes votives , consacrées dans un sanctuaire du dieu, ne sont pas postérieures au vie siècle.
Tantôt le dieu est seul, comme sur . l’exemplafrè que nous reproduisons ici; tantôt monté sur son char, il est accompagné d’Amphitrite. Les habitudes des peintres de vases sont trop constantes pour qu’on 11e reconnaisse pas un emprunt fait à la céramique dans les basreliefs de style hiératique , qui montrent Poséidon vêtu et tenant un dauphin 1.
Au contraire, les anciennes monnaies de Posidonia semblent reproduire un type sculptural qui était en
FJ G. 77. POSEIDON.
(Plaque de terre cuite peinte trouvée près de Corinthe. Louvre.)