‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 97 sur 152 · Par exemple, sur une base de candélabre du Vatican · texte numérisé non relu

Par exemple, sur une base de candélabre du Vatican

vigueur à l’époque archaïque. Poséidon est représenté dans -l’attitude de la marche, comme le Zeus Polieus des monnaies attiques; presque nu, vêtu seulement d’une chlamyde jetée sur les bras en guise d’écharpe, il brandit le trident, symbole de sa puissance : c’est le dieu Tpiocvoxpcmop, qui règne sur les mers.

A quelle époque et dans

quelle région de la Grèce Part donne-t-il au type de Poséidon un caractère idéal qui s’impose désormais comme la plus haute expression plastique du dieu?

Otfried Müller attribue cette

création à un artiste corinthien.

FIG. 7 8. — POSEIDON. °n sait, en effet, à quel point (Monnaie de Posidonia.) le culte du dieu était populaire à Corinthe; les Grecs avaient choisi l’isthme pour y consacrer, après la bataille de Platées, une statue colossale de Poséidon, signalée par Hérodote1. Toutefois on a peine à croire que l’école attique ait été étrangère à la formation de ce type canonique. Phidias avait représenté le dieu de la

mer sur la base du trône de Zeus à Olympie; on le

retrouve sur la frise de la cella, au Parthénon. La dispute d’Athéna et de Poséidon formait le sujet du fronton occidental du temple; le torse du dieu est au nombre des fragments conservés, et le dessin de Carrey nous fait entrevoir les lignes grandioses de cette figure. On peut admettre tout au moins que l’école de Phidias

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avait conçu un idéal de Poséidon, qui n’a pu être sensiblement modifié par la suite. Remarquons d’ailleurs que le type du dieu ne semble pas avoir été traité souvent dans une figure debout ou assise, comme le Zeus d’Olympie ou la Héra de Polyclète. Daméas de Cleitor, Scopas, Praxitèle, l’associent à des groupes tels que celui des douze dieux. On est mal renseigné sur la statue que Lysippe avait faite pour les Corinthiens, et rien n’autorise à croire que le sculpteur de Sicyone ait profondément renouvelé le type idéal du dieu de la mer.

Si l’on consulte les monuments conservés, plusieurs caractères très précis concourent à distinguer nettement Poséidon de Zeus. Si l’on compare aux bustes de Zeus celui de Poséidon, conservé au musée Chiaramonti (Vatican), onestfrappé de la différence. Les traits n’ont pas au même degré l’expression de douceur et de force calme qui caractérise le visage du maître de l’Olympe; la physionomie est plus mobile, et la chevelure tombant en mèches drues et raides, comme si elle était mouillée, achève de donner au dieu de la mer un aspect plus sévère : c’est le dieu à la chevelure sombre ( ). Les sculpteurs lui prêtent des

formes robustes et ramassées. On connaît l’épithète de dieu à la large poitrine (eùpucrTepvo;) attribuée à Poséidon ; elle est pleinement justifiée par le magnifique torse du Parthénon. Mais la vigueur de Poséidon est moins sereine que celle de Zeus : c’est celle de l’homme de mer, qui lutte contre un rude élément.

Le plus souvent Poséidon est nu; c’est ainsi qu’il apparaît sur plusieurs peintures de vases, et si quelques

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