I. — POSEIDON ET AMPHITRITE
(Fragment de la frise de Munich.)
2i* MYTHOLOGIE FIGUREE DE LA GRÈCE.
char, s’avance l’Océanide Doris, mère d’Amphitrite; montée sur un hippocampe, elle tient les torches nuptiales. De chaque côté du motif principal, se déroule le cortège des Tritons et des Néréides, au milieu desquels voltigent des Eros, guidant les taureaux et les dragons marins qui servent de monture aux Nymphes de la mer. Cette frise est-elle, comme Fa pensé Urlichs1, en relation étroite avec le groupe de Scopas? Faut-il y voir l’œuvre sinon du maître lui-même, au moins d’un de ses élèves, et a-t-elle été empruntée au même temple qui avait déjà fourni le groupe principal? Sans entrer ici dans une discussion minutieuse, on peut reconnaître que le caractère architectural de la frise donne une certaine force à l’opinion d’Urlichs; le style même du basrelief est loin de la contredire. C’est bien un artiste grec de la bonne époque qui a imaginé cette composition magistrale ordonnée avec un art parfait; certaines figures de Néréides demi-couchées sur la croupe des Centaures marins ou des hippocampes, enlacées par les replis de leurs queuês armées de nageoires, ont une grâce exquise, et rappellent les plus heureuses conceptions de Fart du ive siècle.
A l’époque romaine, ce motif ne cesse pas d’être traité avec prédilection dans les vastes compositions décoratives. Une mosaïque pompéienne, trouvée en 1869, reproduit un sujet analogue, et le cortège de Poséidon figure également sur une grande mosaïque du Louvre, trouvée à Constantine. Mais ces scènes surchargées trahissent le goût romain et si elles produisent