‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 13 sur 105 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

§ 1. I-e Ciel et la Terre.

Le plus ancien des dieux était le Ciel ou Gqelus, qui épousa la Terre ou Titéa. De ce mariage naquirent deux filles, nommées Gybèle et Thémis, et un grand nombre de fils, entre lesquels Titan, l'aîné de tous, Saturne, l'Océan, et Japet, sont les plus célèbres.

Cœlus, qui redoutait la puissance, le génie et l'audace de ses fils , les traita avec dureté , les persécuta sans relâche , et enfin les emprisonna dans des cachots souterrains. Titéa n'osait se déclarer en leur faveur. A la fin, pourtant, touchée de leur sort, elle s'enhardit, brisa leurs chaînes, et leur fournit des armes contre Gœlus. Saturne attaqua ce père cruel , le réduisit à l'état de serviteur, et occupa le trône du monde.

§ 2. Saturne.

Titan et Saturne étaient frères; mais Titan, comme l'aîné de la famille, prétendait régner. Leur mère , qui avait une prédilection pour Saturne , mit en usage tant de supplications et de caresses que Titan consentit à se désister de l'empire, pourvu que

son frère , à son tour, prît rengagement de n'élever aucun enfant mâle, et qu'ainsi la royauté retournât un jour aux Titans. Saturne accepta cette convention et se mit à dévorer ses fils aussitôt qu'ils avaient vu le jour.

Cybèle, femme de Saturne, ne put voir froidement cette atroôité ; elle trompa la vigilance de son époux et substitua à Jupiter , qu'elle venait de mettre au monde, une pierre emmaillottée , que Saturne avala sans se douter de la ruse. Jupiter, porté clandestinement dans l'île de Crète, y fut allaité par une chèvre nommée Amalthée; et, pour que les cris du petit enfant ne fussent pas entendus de Saturne , les Corybantes, prêtres de Cybèle, faisaient retentir l'air du bruit des cymbales , des sonnettes et des tambours , ou dansaient près du berceau , en frappant de leurs lances leurs boucliers. La supercherie fut cependant découverte; et Titan, courroucé contre un frère qu'il croyait parjure, lui déclara la guerre, le vainquit et le fit prisonnier.

Jupiter, parvenu à l'âge de l'adolescence , envisageait avec douleur l'esclavage où Saturne gémissait , et il se prépara à l'en délivrer. Il assemble une armée, attaque les Titans, les précipite de l'Olympe, et fait asseoir de nouveau son père sur le trône. Mais Saturne jouissait peu de cette gloire : il avait appris des destins qu'un de ses fils le détrônerait ; et cette pensée, empoisonnant son existence, lui faisait voir d'un œil de jalousie la valeur que déployait Jupiter dans un âge encore si tendre. La crainte ferma son cœur aux sentiments de la nature : il dressa des embûches à un fils digne de son amour. Jupiter, adroit, actif et courageux , évita les pièges , et , après avoir vainement essayé toutes les voies de conciliation, ne garda plus de ménagement, livra bataille à Saturne,

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