‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 16 sur 105 · JUNON · texte numérisé non relu

JUNON

main de Pyrrha se ehangèrent en femmes, et le monde fut ainsi repeuplé.

— On représente Jupiter assis sur un trône d'or, tenant la foudre d'une main, un sceptre de l'autre, et ayant à ses pieds un aigle aux ailes déployées. Son -air est majestueux, sa barbe longue et négligée.

Le chêne lui était consacré, parce qu'à l'exemple de Saturne il avait appris aux hommes à se nourrir de glands. Ses oracles les plus célèbres étaient ceux de Dodone, en Grèce, et d'Ammon, en Libye.

Ses principaux enfants furent, parmi les divinités du ciel, Minerve, Apollon, Diane, Mars, Mercure, Vulcain et Bacchus ; parmi les héros et les demidieux, Pollux, Hercule, Persée, Minos, Rhadamanthe, Amphion et Zéthus. Cette nombreuse postérité n'étonnera pas ceux qui savent qu'il a existé huit personnages du nom de Jupiter. Le plus célèbre était originaire de Crète : les autres étaient nés en Arcadie, en Egypte, en Assyrie et ailleurs.

§ 5. «f unon.

Junon, sœur et femme de Jupiter, était la reine des dieux, la maîtresse du ciel et de la terre, la protectrice des royaumes et des empires. Elle présidait aux naissances et aux mariages, et accordait aux épouses vertueuses une protection particulière (1). Mais son caractère était impérieux, son humeur difacile et vindicative, sa volonté opiniâtre ; elle épiait jusqu'aux moindres actions de Jupiter, et faisait retentir le ciel des cris que la jalousie lui arrachait. Jupiter, de son côté, époux dur et volage, employait souvent

(1) On l'appelait Lucine, on Jiinon-Lucine , ou Ilithye, lorsqu'elle présidait à la naissance des enfants.

la violence pour étouffer les plaintes de son épouse. Il poussa même la barbarie jusqu'à lui attacher une enclume à chaque pied, lui lier les mains avec une chaîne d'or, et la suspendre à la voûte du ciel. Les dieux ne purent la dégager de ses entraves : il fallut recourir à Vulcain qui les avait forgées. Un traiteinent de cette nature augmenta les ressentiments de Junon, qui ne cessa de persécuter les favoris et les amantes de Jupiter. L'infortunée /o fut le principal objet de son courroux.

Cette nymphe, fille d'Inachus, fleuve d'Argolide, était un jour poursuivie par Jupiter, qui, pour l'empêcher de fuir, couvrit les campagnes d'un épais brouillard dont elle se trouva enveloppée. Junon, étonnée de ce phénomène, descendit sur la terre, dissipa le nuage, et découvrit lo qui venait d'être métamorphosée en vache. Mais comme la nymphe, sous cette nouvelle forme, conservait encore des charmes, Junon, feignant de la trouver de son goût, la demanda à Jupiter avec tant d'instances qu'il n'osa la lui refuser. Maîtresse de sa rivale, elle en confia la surveillance à un gardien qui avait cent yeux, dont cinquante veillaient, tandis que les autres cédaient au sommeil. Argus (c'était son nom) ne la perdait pas un instant de vue pendant le jour, et la tenait pendant la nuit étroitement liée à une colonne. Jupiter n'avait qu'un moyen de débarrasser lo de cet incommode satellite : il appelle Mercure, et lui intime l'ordre de le tuer. Mercure aborde Argus au commencement de la nuit, lui raconte des histoires amusantes, enchaîne un récit à un autre, l'endort à la fin, et lui tranche la tête. Privée d'Argus, Junon déchargea toute sa colère sur la jeune vache, bien innocente du crime : elle lâcha contre elle an insecte malfaisant, un taon, qui, la piquant sans relâ-

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