‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 17 sur 105 · JUNON · texte numérisé non relu

JUNON

che, la jetait dans des transports convulsifs. Harcelée, ensanglantée, cette malheureuse parcourut dans sa fuite. la Grèce et l'Asie Mineure, traversa à la nage la Méditerranée, et arriva en Egypte, sur les bords du Nil. Epuisée de souffrance et de fatigue, elle supplia Jupiter de lui rendre sa première forme, et elle mit au monde un fils nommé .Epapjius. Junon, qui regrettait toujours le fidèle espion tué par Mercure, prit ses cent yeux, les répandit sur la queue du paon et perpétua de cette manière son souvenir.

Orgueilleuse autant que jalouse, Junon ne pardonna pas auTroyen Paris, fils de Priam, de ne lui avoir pas adjugé la pomme d'or, et elle devint l'enn.emie du peuple troyen ; les Grecs, au contraire, furent les objets constants de sa faveur.

Les Prœtides, ûlles de Prœtus, fières de leur excessive beauté, osèrent se comparer à Junon, qui punit leur orgueil en les rendant insensées et maniaques. Leur folie consistait à se croire des génisses, à pousser comme elles des mugissements, et à se cacher au fond des bois pour éviter le joug de la charrue. Le devin Mélampe, médecin habile , offrit de les guérir si leur père s'engageait à l'accepter pour gendre et à lui accorder le tiers de son royaume. Prœtus agréa sans peine ces conditions, et Mélampe, ayant réussi, épousa la plus belle des trois sœurs.

Le culte de Junon était universel, et lapins grande solennité présidait à ses fêtés. On l'adorait surtout a. Argos, à Samos, et à Carthage. -- JElle est représerïtée assise sur un trône , avec un diadème sur la têt-e; et un sceptre d'or à la main ; un ou plusieurs paons sont à ses pieds. Quelquéfoisdeux paons traînent son char; derrière elle Iris d.éploie les couleurs variées dei'arc-en-ciel. 7m, fille de Junon , messagère des dieux, portait leurs ordïes sur la terre, sous les eaux

et jusqu'aux enfers. Vouée en même temps à des fonctions plus pénibles, elle assistait les femmes agonisantes , et coupait le fil qui attachait leur âme à leur corps : remplissant, au nom de Junon, ce pieux devoir.

§ 6. Vesta.

Vesta , déesse du feu , était fille de Saturne et de Gybèle. Son culte fut introduit' en Italie parEnée, prince troyen ; cinq siècles plus tard, Numa lui bâtit un temple à Rome , où était conservé le palladium , et où brûlait continuellement le feu sacré. — On la représente vêtue d'une longue robe et le front voilé. De la main droite elle tient une lampe ou un flambeau, et de la gauche un javelot ou une corne d'abondance.

Ses prêtresses , appelées Vestales , furent d'abord choisies par les rois et ensuite par les pontifes. Elles devaient être de condition libre, et sans aucun dé-' faut corporel. Leur fonction principale était de garder le temple de Vesta et d'y entretenir le feu sacré , symbole de la perpétuité de l'empire. Si le feu venait à s'éteindre, le deuil était général dans la ville ; on interrompait les affaires publiques ; on se croyait menacé des plus grands malheurs , et l'on ne se rassurait qu'après avoir obtenu un feu nouveau que les prêtres se procuraient par les rayons du soleil, ou par le feu de la foudre, ou en tournant avec rapidité une tarière dans une pièce de bois.

Un célibat rigoureux était imposé aux Vestales : leur chasteté, leur innocence devaient être exemplaires. La mort était le châtiment réservé aux coupables : et quelle mort I La Vestale était plongée vivante dans un tombeau. Elle y descendait au milieu

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