NEPTUNE
des cérémonies les plus effrayantes : le bourreau y plaçait près d'elle une petite lampe, un peu d'huile, un pain , de l'eau et du lait ; puis on refermait la tombe sur sa tête. Mais les Vestales trouvaient, dans les égards de leurs concitoyens et dans la distinction dont elles jouissaient, un dédommagement aux privations qui leur étaient imposées. Tous les magistrats leur cédaient le pas. En justice , elles étaient crues sur leur simple parole. Quand elles sortaient, un licteur les précédait armé de faisceaux. Si , en passant dans les rues , une Vestale rencontrait un criminel qu'on menât au supplice, elle lui sauvait la vie, pourvu qu'elle affirmât que cette rencontre était fortuite. Les testaments , les actes les plus secrets , les choses les plus saintes , étaient déposées entre leurs mains. Elles avaient une place d'honneur au cirque ; elles étaient nourries et entretenues somptueusement aux dépens du trésor de l'Etat.
Après trente années de sacerdoce, il leur était permis de rentrer dans le monde, et de quitter le feu de Vesta pour le flambeau de l'hyménée. Mais elles n'usaient que rarement de ce privilège, accordé un peu tard : la plupart préféraient passer la fin de leur vie où s'était écoulé leur printemps. Elles servaient alors de guides et d'exemples aux novices qu'elles initiaient.
§ 7. rVeptune.
Neptune , dieu de la mer , était fils de Saturne et de Gybèle. Dans sa jeunesse , il forma une conspiration contre Jupiter , qui le chassa de l'Olympe et le relégua parmi les mortels. Laomédon bâtissait alors les murailles de Troie ; il pria Neptune de l'aider
dans ce travail et d'élever de fortes digues contre la violence de la mer. Le dieu se fit maçon , travailla sous les ordres de ce monarque exigeant , et endura pendant plusieurs mois toute espèce de fatigues et de mécomptes.
Rentré en grâce et réconcilié avec son frère, Neptune s'occupa du soin de gouverner l'empire qui lui était confié ; il choisit ses ministres , leur assigna des emplois distincts , promulgua des lois , et promit à tous ses sujets une impiartialé justice.
Il voulut ensuite s'associer une épouse, et ses vœux se fixèrent sur Amphitrite, fille de l'Océan, nymphe d'une admirable beauté. Il la demanda en mariage à son père, qui accueillit avec joie un vœu dont il était flatté ; mais la nymphe, avant que de rien conclure, voulut voir l'époux qu'on lui destinait. Elle recula à son aspect. Ce teint basané, cette chevelure épaisse et en désordre, cette barhe limoneuse, lui inspirèrent un profond dégoût. En vain Neptune fut-il auprès d'elle soumis et respectueux; eh vain sa bouche fitelle entendre les plus aimables propos : rien ne put décider Amphitrite à l'épouser. Triste , solitaire , découragé , Neptune se plaignait amèrement des rigueurs du sort : un dauphin , témoin de sa peine, vint lui offrir son intervention et son ministère. Il se rendit auprès de là nymphe rebelle, lui vanta les richesses du monarque , la grandeur de son empire , les hommages dont elle serait l'objet, les palais somptueux qu'elle aurait pour liabitation : cette éloquence triompha. Le dauphin eut la gloire d'amener lui-même Amphitrite à son époux.
Mais le pouvoir de Neptune n'était pas borné aux mers, aux lacs, aux rivières et aux fontaines : il s'étendait sur lés îles et les presqu'îles, sur les montagnes et même sur les continents, qu'il ébranlait