PLUTON
cipitainment à la recherche de sa fille , parcourut les montagnes, visita les cavernes et les bois, franchit les fleuves, allumant chaque soir deux flambeaux pour continuer ses courses durant la nuit. Parvenue au lac de Syracuse , elle y trouva le voile de Proserpine , et comprit que le ravisseur avait passé dans cet endroit ; elle apprit ensuite de la nymphe Aréthuse le nom de cet audacieux amant : c'était Pluton, roi des enfers. A cette nouvelle. Gérés monte sur un char attelé de deux dragons (1), traverse l'espace des airs, arrive au ciel, et se présente devant Jupiter. Les yeux pleins de larmes , les cheveux épars , la voix altérée, elle demande justice de cet enlèvement. Le père des dieux essaie de l'apaiser , en lui représentant qu'elle doit être flattée d'avoir un monarque pour gendre : « Si cependant, ajoute-t-il, vous dé- » sirez que Proserpine vous soit rendue, j'y consens, » pourvu qu'elle n'ait rien mangé depuis son entrée » aux enfers : tel est l'arrêt du Destin. » Plus prompte que l'éclair. Gérés pénètre jusqu'aux bords de l'Achéron, questionne avec anxiété ceux qu'elle rencontre : Proserpine venait de cueillir une grenade, dont elle avait mâché quelques grains. Son retour fut impossible. Gependant, à force de prières. Gérés obtint que sa fille ne resterait que six mois de l'année dans les enfers, et qu'elle passerait sur la terre les six autres mois.
— On représente Pluton avec un visage livide, des sourcils épais, des yeux rouges et un regard menaçant. Dans sa main droite est un sceptre, ou une fourche à deux pointes : dans la gauche il tient une clé qui désigne l'impossibilité de sortir des enfers.
(1) Le dragon, animal fabuleux, est un énorme serpent ailé, terrible comme le lion , rapide comme l'aigle , et qui ne dort jamais.
Sa couronne est faite de bois d'ébène , dont la couleur obscure annonce le dieu des ténèbres ; quelquefois sa tête est couverte d'un casque qui le rend invisible. Près de lui sont assises les trois Parques ; à ses pieds repose le chien Cerbère.
Seul des divinités supérieures, Pluton n'eut jamais de temples ni d'autels. On lui sacrifiait des victimes noires dont le sang était reçu dans une fosse. Le cyprès et le narcisse lui étaient consacrés.
— On représente Proserpine à côté de Pluton, sur un trône d'ébène , ou sur un char traîné par des chevaux noirs. Sa main tient des fleurs de narcisse. Sous le nom d'Hécate, elle présidait à la magie et aux enchantements ; son pouvoir s'étendait sur la mer et sur la terre, dans le Tartare et dans les cieux. Peuples , rois , magistrats , guerriers , invoquaient son nom, sollicitaient son appui, et lui offraient , pour la rendre propice , des agneaux , des chiens et dû miel. Tous les mois on célébrait à Athènes, en l'honneur d'Hécate, des fêtes nommées Hécatésies, durant lesquelles les gens riches offraient dans les carrefours un repas public appelé Repas d'Hécate, destiné surtout aux pauvres de la ville et aux voyageurs indigents.
Les poètes donnent quelquefois aux régions infernales les dénominations de Ténare, d'Erèbe et d'Orcus. Le Ténare est un promontoire de Laconie, à l'extrémité duquel se voyait une caverne profonde, d'où s'exhalaient tant de vapeurs noires et infectes , que l'imagination crédule du vulgaire y avait placé le vestibule de l'enfer. Erèbe est le nom donné à la partie la plus ténébreuse du sombre empire ; « la nuit de l'Erèbe, » en style poétique , c'est le tombeau , la mort, l'enfer. Orcus, un des surnoms de Pluton , a