‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 22 sur 105 · GÉRÉS · texte numérisé non relu

GÉRÉS

été appliqué au royauiae même que gouverne ce dieu ; « descendre dans V Or eus » est l'équivalent de descendre au séjour des morts.

§ 9. Cérês.

Gérés , déesse des blés et des moissons , chercha Proserpine sa fille , que Pluton avait enlevée.

Un jour que cette mère infortunée voyageait en Attique sous la figure d'une simple femme, elle s'arrêta près d'Eleusis, et s'assit sur une pierre pour s'y délasser. La fille de Géléus , roi d'Eleusis, l'ayant aperçue ,' et jugeant à son air abattu qu'elle avait un sujet de chagrin, s'approcha d'elle et la pria da venir se reposer dans la maison de son père. Gérés y entra ; et Géléus lui fit un si bon accueil que la déesse , pleine de reconnaissance pour cette hospitalité, rendit la santé à son fils Triptoleme , encore au berceau..

Elle fit plus encore ; elle se chargea d'élever Triptoleme et de le rendre immortel. Dans ce but , elle le nourrissait pendant le jour de son lait divin , et pendant la nuit le mettait sur des charbons ardents, pour le dépouiller de ce qu'il avait de terrestre. L'enfant croissait à vue d'œil, et d'une manière si prodigieuse que la curiosité de la mère en fut éveillée : elle voulut savoir ce qui se passait durant la nuit , et quels procédés magiques employait Gérés. Elle se cacha dans un coin de l'appartement , et voyant la déesse prête à mettre son fils dans le feu, elle poussa un tel cri d'effroi que l'enchantement fut détruit. Gérés ne pouvant plus rendre immortel le jeune Triptoleme, voulut du moins le faire chérir du monde entier : elle lui apprit l'art de semer le blé et de faire le pain ; elle lui donna ensuite un char attelé de deux

dragons, et l'envoya par toute la terre pour y enseigner l'agriculture.

De retour de ses voyages, Triptolème établit le culte de Gérés à Eleusis, ville d'Attique, et institua des fêtes en l'honneur de cette bienfaisante divinité.

Pour être initié aux Mystères d'Eleusis , il fallait avoir subi un noviciat qui durait au moins une année , et d'ordinaire cinq ans, à l'expiration desquels on était admis à l'autopsie , c'est-à-dire à la contemplation de la vérité. On aspirait à ce dernier état comme à celui de la perfection . La cérémonie d'admission avait lieu de nuit. Les initiés se réunissaient près du temple , dans une enceinte assez vaste pour contenir un peuple nombreux. Ils se couronnaient de myrte , se lavaient les mains , écoutaient la lecture des lois de Gérés , prenaient un léger repas , et entraient dans le sanctuaire , où régnait une obscurité profonde. Ges ténèbres cessaient tout à coup. Une vive lumière éclairait la statue de Gérés magnifiquement parée ; mais , tandis que la foule étonnée donnait l'essor à son admiration , la lumière disparaissait : les voûtes du temple étaient sillonnées d'éclairs , qui laissaient apercevoir çà et là des spectres effrayants et des figures monstrueuses. Le bruit du tonnerre achevait de porter l'épouvante dans l'âme de l'initié. Enfin , après un moment de calme , deux hautes portes s'ouvraient , et l'on apercevait , à la lueur des flambeaux , un jardin délicieux disposé pour la danse, les fêtes et le plaisir. G'était là, c'était dans ce champ élysien que l'hiérophante (ou grand pontife) révélait aux initiés les choses saintes et tout le secret des mystères (1). Divulguer ce qu'on avait

(1) Vliiêrophoflite devait être athénien , et appartenir à la famille des Eumolpides.

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