‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 24 sur 105 · VÉNUS · texte numérisé non relu

VÉNUS

cet exercice , malgré les prières de Vénus , qui craignaitpour lui la dent cruelle des bêtes féroces. Un jour surtout, emporté par son courage , il oublia les conseils de la déesse. Ayant blessé un sanglier sur le mont Liban, il fut poursuivi par l'animal furieux, qui l'atteignit, le renversa et le mit en pièces. Vénus accourut trop tard au secours de son amant : il était sans vie. Elle arrosa de nectar son sang, qu'elle changea en une fleur appelée anémone. Mais incapable de surmonter la douleur qu'elle éprouvait de cette perte , elle demanda au maître des dieux que son cher Adonis revînt à la vie et lui fût rendu. La loi du destin s'y opposa. Elle obtint seulement qu'il passerait chaque année six mois sur la terre et six mois dans les enfers. On lui éleva des temples ; on le mit au rang des dieux, et l'on institua des fêtes en son honneur sous le nom (ïAdonies; elles duraient huit jours, dont les quatre premiers se passaient dans le deuil et les autres dans les réjouissances, pour marquer tour à tour le trépas et l'apothéose du favori de Vénus.

Le culte de cette divinité était universel , mais on ne lui sacrifiait pas de victimes, et ses autels n'étaient jamais souillés de sang; on se contentait d'y brûler de l'encens et des parfums. Ses temples principaux étaient ceux de Paphos , d'Amathonte et d'Idalie, dans l'île de Chypre; ceux de Gnide, en Carie; de Cy thère , dans le Péloponèse , et du mont Eryx , en Sicile (1). Le sculpteur Praxitèle fit pour les Gnidiens une statue de Vénus qui passait pour un chefd'œuvre.

— On représente Vénus assise dans un char que

(1) De là -viennent les noms de Gyyris , de Cythérée et d'Erycine , donnés à Vénus,

traîaent des colombes, des cygnes ou des moineaux. Une couronne de roses et de myrte orne sa blonde chevelure. Le myrte était son arbre de prédilection.

GupiDON ou r Amour , flls de Vénus , dieu malin, séduisant et trompeur, eut à peine reçu le jour, que Jupiter, prévoyant les maux dont cet enfant serait la cause , voulut contraindre Vénus à s'en défaire. Celle-ci, pour le soustraire aux regards du maître des dieux, le cacha dans les forêts, où il suça le lait des lionnes et des tigresses. Dès qu'il eut assez de force, il se fit un arc de frêne ; un cyprès lui fournit le bois de ses flèches. En s'exerçant contre les animaux qui l'avaient nourri, il apprit l'art de percer les hommes de ses traits.

— Les monuments de l'antiquité représentent ordinairement Cupidon sous la figure d'un enfant qui s'amuse à quelque jeu de son âge ; tantôt il roule un cerceau , badine avec les nymphes , poursuit un papillon, et agite son flambeau; tantôt il joue devant sa mère avec un luth, ou tient un cygne étroitement embrassé. Quelquefois , le pied en l'air, il semble méditer une espièglerie; ou bien il marche en conquérant , le casque en tête , la pique sur l'épaule et le bouclier au bras ; souvent on le voit lutiuant un centaure , domptant un lion , ou brisant les foudres de Jupiter. Il est toujours peint avec des ailes, parce que la passion qu'il inspire n'est pas durable , et il porte un bandeau sur les yeux , parce que l'amant ne voit point de défauts dans l'objet de sa tendresse (1),

Les compagnes ordinaires de Vénus et de Cupidon sont les trois Grâces : Aglaé , Thalie et Euphrosine.

(1) L'Amour n'est pas toujours un enfant jouant dans les bras de sa mère; quelquefois il se montre avec la fraîcheur de la jeunesse : c'est ainsi qu'on représente l'amant de Psyché. Voyez section VI, § 1.

Page 1