‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 28 sur 105 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

saya d'une carrière plus brillante : il parcourut les grandes villes , s'établit au milieu des places publiques , et y exerça l'art de l'éloquence. Les orateurs , les rhéteurs se mirent sous sa protection , et il fut appelé le dieu des arts libéraux et des belles-lettres. Voulant joindre l'utile à l'agréable, il entreprit le négoce, perfectionna le commerce des changes, inventa les poids et mesures , et son nom ne tarda pas à être en honneur chez les marchands et les négociants, qui l'appelèrent le dieu du commerce.

L'exil de Mercure faisait un vide à la cour céleste : on l'y rappela ; et comme il avait montré sur la terre beaucoup d'adresse et d'intelligence , Jupiter le nomma son ministre , son interprète et le messager de l'Olympe. En cette qualité, il exécute les commissions des dieux , leurs négociations publiques ou secrètes , importantes ou frivoles , et remplit tour à tour le rôle de valet, d'échanson, d'espion , d'ambassadeur , de satellite et de bourreau. Par l'ordre des dieux , il tua l'incommode Argus , cloua Prométhée sur le mont Caucase , délivra Mars de la prison où l'avaient enfermé les géants, porta Bacchus aux nymphes de Nysa , accompagna Pluton quand ce dieu enleva Proserpine... Il serait trop long de poursuivre ces détails.

Des occupations si nombreuses semblaient devoir absorber son temps et ses forces. C'était lui cependant qui avait le soin de conduire jusqu'aux enfers les âmes des morts, et d'assister à leur jugement définitif devant le tribunal de Miuos ; c'était lui qui enfin ramenait ces mêmes âmes sur la terre après mille ans écoulés , et les introduisait dans de nouveaux corps.

— On représente Mercure , jeune , leste , riant , et vêtu d'un petit manteau. Il a des ailes à ses talons, à

son bonnet et à son caducée , parce qu'il est le messager des dieux ; une chaîne d'or lui sort de la bouche , pour marquer avec quel pouvoir un habile orateur enchaîne les volontés de ceux qui l' écoutent ; il tient de la main droite le caducée, emblème d'un ministre plénipotentiaire et conciliateur ; de la main gauche , il présente une bourse , symbole du dieu qui protège les marchands. A ses pieds est un coq ou une tortue. Le coq désigne la vigilance que réclament tant de fonctions importantes et difficiles ; la tortue rappelle qu'il est l'inventeur de la lyre', faite originairement d'une écaille de cet animal.

Sur les grands chemins, Mercure avait des statues de forme carrée qui servaient à montrer la limite des champs , ou à indiquer la route aux voyageurs égarés. Ces statues, appelées en grec, Hermès^ se plaçaient aussi au milieu des carrefours , et avaient autant de faces qu'il y avait, en cet endroit, de rues aboutissantes. On lui offrait en sacrifice, du miel , du lait, et surtout les langues des victimes , parce qu'il était le dieu de l'éloquence.

§ 17. Oacchus.

Bacchus , dieu du vin , fils de Jupiter et de Sémélé, vint au monde dans l'île de Naxos, et fut porté par Mercure en Arabie, chez les nymphes de Nysa , qui le nourrirent dans leurs montagnes. Silène lui apprit à planter la vigne ; les Muses lui enseignèrent le chant et la danse.

Quand les géants escaladèrent le ciel, Bacchus revêtit la forme d'un lion , et combattit contre eux avec autant de succès que de vigueur. Jupiter l'excitait dans la bataille en lui criant : Evohél évohél courage, courage , mon fils I

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