‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 30 sur 105 · BACCHUS · texte numérisé non relu

BACCHUS

des clameurs des ivrognes et des éclats bruyants dont retentissent les cabarets; — Thyonéus, du nom de Thyoné que porta Sémélé , mère de Bacchus , après que Jupiter l'eut rappelée à la vie , et admise au séjour des immortels ; — enfin Lénéus , c'est-à-dire dieu des pressoirs , ou qui en fut l'inventeur.

Dans les poètes français, il est quelquefois surnommé VArriant d'Erigone, dénomination élégante dont voici l'origine :

Erigone , fille d'Icarius , roi de Laconie, était sœur de Pénélope , et avait , comme elle , un caractère timide, circonspect et réservé. Bacchus , visitant les diverses contrées de la Grèce, séjourna dans les Etats d'Icarius, auquel il enseigna l'art d'améliorer la culture de la vigne et d'obtenir des plants d'une qualité supérieure. Erigone était jeune et belle : elle enflamma bien vite le cœur du dieu , qui ne rêva plus qu'aux moyens de plaire, et déploya pour se rendre aimable toutes les saillies d'un esprit jovial, tous les charmes d'une conversation variée et bouffonne. Mais , hélas 1 il perdait sou temps et sa peine. Les allures bruyantes du dieu- vendangeur , son ton cavalier, ses propos extravagants, ses éternels couplets, étaient antipathiques à la modeste jeune fille ; et l'éloignement qu'elle sentait pour lui croissait avec la persistance même de ses hommages. A peine ouvrait-il la bouche pour lui faire une déclaration ou un simple compliment, qu'elle souriait de pitié, et le laissait achever seul sa harangue. Tout espoir d'être même écouté semblait perdu , et le vainqueur de l'Inde, vaincu à son tour, allait tristement partir, lorsqu'il découvrit qu'Erigone aimait avec passion les raisins, et s'échappait chaque soir pour en aller manger à son aise sur le coteau. Bavi de cette découverte , il court à la vigne d'Icarius , se place sur le

passage de la jeune princesse et revêt la forme d'une grappe vermeille pendant à un cep. Erigone arrive ; elle aperçoit la grappe à la lueur du crépuscule , s'élance et la cueille. Bacchus reprend aussitôt son premier état, et peut enfin faire écouter à la belle indifférente une déclaration commencée tant de fois, et jamais finie.

§ 18. 1^'A.urore.

L'Aurore, avant-courrière du Soleil, préside à la naissance du jour. — Les poètes la représentent couverte d'un voile, et assise dans un char vermeil que traînent quatre chevaux blancs. Elle ouvre avec ses doigts de rose les portes de l'Orient, répand la rosée sur terre et fait croître les fleurs. Le Sommeil et la Nuit fuient devant elle ; les étoiles disparaissent à son approche.

Elle aima si tendrement Tithon, qu'elle pria Jupiter d'accorder à ce prince l'immortalité (1). Ses vœux furent accomplis ; mais comme elle oublia de demander en même temps que Tithon ne vieillît point , il devint si caduc et si infirme qu'il fallut l'emmaillotter et le bercer comme un enfant. Dans cet état, la vie lui sembla un fardeau insupportable ; il souhaita mourir, et fut métamorphosé en cigale.

§ 19. «Tanus.

Janus , le plus ancien roi du Latium , était origi-

(1) Tithon était fils de Laomédon et frère de Priam.

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