‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 31 sur 105 · JANUS · texte numérisé non relu

JANUS

naire de Thessalie. Lorsqu'il arriva sur les bords du Tibre, les habitants de ces lieux sauvages vivaient sans religion et sans lois. Janus adoucit la férocité de leurs mœurs , les rassembla dans des villes , leur donna des lois , leur fit sentir le charme de l'innocence , et leur inculqua l'amour de ce qui est juste et honnête. Saturne chassé du ciel choisit le Latium pour sa retraite , et Janus poussa la générosité envers lui jusqu'à l'associer à son empire. Saturne à son tour le doua d'une sagacité extraordinaire , par laquelle il connaissait le passé, le présent et l'avenir. — On représente Janus comme un jeune homme qui a deux ou quatre visages; il tient de la main droite une clé , parce qu'il inventa les portes, et de la gauche un bâton, comme présidant aux chemins. On l'invoquait le premier dans les cérémonies religieuses , et on lui offrait des sacrifices sur douze autels , pour marquer les douze mois de l'année.

Numa lui bâtit à Rome un temple qu'on tenait fermé dans les temps de paix, et qui s'ouvrait aussitôt qu'une guerre venait à éclater. Alors les chefs de la nation, les magistrats, les pontifes, se rendaient solennellement au temple de Janus , détachaient des voûtes du sanctuaire les anciles ou boucliers sacrés , les agitaient , frappaient dessus en cadence , et s'écriaient tous ensemble : Mars ^ Mars ^ réveille-toi! A l'issue des hostilités, les portes en étaient de nouveau fermées , non d'une manière ordinaire , mais par d'énormes barres de fer et par cent verrous, pour qu'il fût long et difficile de les ouvrir, et que le peuple comprit par là que la guerre, source infinie de calamités , ne doit pas être entreprise sans d'impérieux motifs , et sans avoir été mûrement délibérée.

§ 20. I^es Muses.

Les Muses , filles de Jupiter et de Mnémosyne , présidaient aux arts , aux lettres et aux sciences. On en compte ordinairement neuf -.

Calliope, Clio, Melpomène, Thalie, Euterpe, Terpsichore , Erato , Polymnie ; En voilk huit : ajoutez Uranie.

Elles naquirent sur le mont Piérus , et habitèrent tour à tour le Parnasse au double sommet , dans la Phocide ; le Pinde , en Thessalie ; l'Hélicon , en Aonie (ou Béotie). Le cheval Pégase leur servait de monture. Jupiter les appelait souvent auprès de lui sur le mont Olympe , où elles chantaient les merveilles de la nature, et réjouissaient la cour céleste par leurs concerts. Elles se plaisaient aussi sur les bords du fleuve Permesse et près des fontaines de Castalie, d'Hippocrène et d'Aganippé.

S'étant un jour éloignées de leurs demeures, elles furent assaillies par un orage, et contraintes de chercher un abri. Pyréné^ roi de Phocide, vint à leur rencontre, et leur offrit dans son palais une retraite qu'elles acceptèrent. Mais à peine eurent- elles franchi le seuil de cette maison , que les portes se fermèrent sur elles, et qu'on les déclara esclaves du tyran. Pyréné croyait cette proie assurée , et déjà il marquait de l'œil sa première victime , lorsque soudain ces neuf sœurs prennent des ailes, s'envolent et fuient avec la légèreté des oiseaux. Pyréné , pour les atteindre , monte à l'étage supérieur du palais , s'élance à leur poursuite , tombe, et se tue.

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