ÉOLE
seaux, ils s'appuient sur une urne penchée d'où s'échappe l'eau qui forme la rivière à laquelle ils président. Quelquefois on les représente sous la forme d'un taureau, pour marquer le mugissement de leurs ondes, ou parce que les sinuosités d'un fleuve ressemblent assez aux cornes de ce quadrupède.
EoLE, dieu des Vents, petit-fils d'Hippotas, habitait au centre des îles Eoliennes. C'est là qu'il tenait les Vents enchaînés dans un antre profond, et les gouvernait d'une volonté absolue. « Assis sur la montagne la plus élevée, » dit un poète , « il modère leur fureur , les arrête dans leur prison, ou les met en liberté. S'il oubliait un seul moment de veiller sur eux, le ciel, la terre, la mer, seraient bouleversés et tous les éléments confondus. »
Ce monarque, ou ce dieu, joue un grand rôle dans la poésie, comme excitant les tempêtes et les apaisant. Ulysse s'adresse à lui pour obtenir une heureuse navigation ; Junon implore son aide pour disperser la flotte des Troyens et empêcher Enée d'aborder en Italie.
On représente Eole avec un sceptre, symbole de son autorité : autour de lui s'agitent les Vents, génies inquiets et mutins.
Le plus célèbre des Vents est Borée , qui faisait son séjour habituel en Thrace , d'où il répandait sur les contrées voisines le froid , la neige et les orages. Epris des charmes d'<9nf%te, fille d'Erechthée , roi d'Athènes , il la demanda en mariage ; mais Erechthée, qui ne voulait pas que sa fille habitât un climat aussi rude et aussi désert que la Thrace, lui refusa la main de cette princesse. Borée , qui chérissait Ori-
thyie et ne pouvait renoncer à sa possession , l'enleva pendant qu'elle traversait l'Ilissus, et la transporta dans son royaume ; de leur hyménée naquirent Calaïs et Zèthès^ argonautes fameux, et Chioné, mère d'Eumolpus.
c) DIEUX DOMESTIQUES.
§ 17. Ijes I*énateB ou Hiares.
On appelait, chez les Romains, Pénates ou Lares les dieux domestiques , les dieux du foyer, les génies protecteurs de chaque maison, les gardiens de chaque famille. Enée , prince troyen , avait introduit leur culte en Italie.
Lorsque les enfants de qualité, parvenus à l'adolescence , quittaient la bulla ou petite boule d'or qu'ils portaient au cou en guise de collier, ils offraient cet ornement aux dieux Lares ; quand un esclave recevait sa liberté, il consacrait aux dieux Lares sa" chaîne , en témoignage de reconnaissance.
On les représente sous la figure de marmousets, ou petites statues faites tantôt d'argent, de bronze ou d'ivoire, tantôt de bois ou de cire. Dans la cabane du pauvre , ces statues étaient placées derrière la porte ou au coin du foyer. Dans l'apparteuient des riches, elles occupaient une chapelle nommée laraire, et avaient un esclave pour les servir.
On offrait aux dieux Lares du vin et des fruits ; on les couronnait de violettes , de myrte et de romarin ;