GENIUS
on brûlait des parfums en leur honneur, et l'on suspendait devant leurs images des lampes allumées. Rien d'important ne se commençait dans une famille sans que Fon eût consulté les Pénates ; leurs réponses étaient regardées comme des oracles. On leur adressait journellement des invocations et des prières :
mes Pénates !,..
Oh ! veillez bien sur notre porte ,
Sur nos gonds et sur nos verrous :
Non point par la peur des filous ,
Car que voulez-vous qu'on m'emporte ?
Je n'ai ni trésors ni bijoux,
Je peux voyager sans escorte.
Mes vœux sont courts , les voici tous :
Qu'un peu d'aisance entre chez nous ;
Que jamais la vertu n'en sorte !
Ducis.
Mais si une famille était affligée de quelque revers, ces idoles encensées la veille éprouvaient des traitements rigoureux autant que risibles ; on les battait , on les mutilait, on les jetait par la fenêtre- L'empereur Galigula en usa de la sorte envers eux , disant « qu'il était mécontent de leur service. »
§ 18. Genius.
Génius ou Génie , divinité des Grecs et des Romains , présidait à la naissance de chaque mortel , . s'attachait à lui durant le cours de sa vie , connaissait toutes ses pensées , et le dirigeait dans toute sa conduite. Chaque homme avait deux Génies : l'un bon, qui l'exhortait au bien ; l'autre mauvais, qui le poussait au mal. Chaque pays , chaque province ,
chaque ville , chaque maison , avait son Génie. A Rome on adorait le Génie public^ c'est-à-dire la divinité tutélaire de l'Empire. Chaque individu, lorsqu'il célébrait son Jour de naissance , sacrifiait à son Génie , auquel il offrait du viii , des fleurs , des fruits , de l'encens; mais le sang des victimes ne coulait jamais sur son autel.
Le bon Génie est représenté sous les traits d'un jeune homme couronné de fleurs,. .et tenant une corne d'abondance ; le mauvais Génie est peint sous la figure d'un vieillard dont la barbe est épaisse et les cheveux courts , et qui porte sur sa main un hibou , oiseau de mauvais augure.
§ 19. Hymen ou Hyménéé.
Hyménée , fils de Vénus, présidait au mariage et aux fêtes nuptiales. — On le représente sous la figure d'un jeune homme décemment vêtu, couronné de roses et tenant de la main droite un flambeau.
Des hymnes étaient chantés à sa louange le jour des noces , et son nom se répétait en chœur à chaque refrain : Hymen ! Hymen ! 6 Hyménée ! Hyménée ! Dans les sacrifices qu'on lui offrait, on avait soin d'enlever le fiel du milieu des entrailles de la victime et de le jeter au loin : emblème qui semblait prescrire aux époux de s'abstenir de ces propos amers , de ces paroles aigres , par lesquelles est si souvent compromise la paix domestique.
§ 20. I^es Mânes.
C'est le nom donné par les Romains aux âmes séparées des corps. On avait pour les mânes des parents le même respect que pour les dieux : on les envisa-