PLUTUS
geait comme des divinités protectrices, qui habitaient auprès des tombeaux , et prenaient soin des cendres qui s'y trouvaient renfermées. On leur adressait des prières , on leur faisait des libations , et on leur immolait une brebis noire. Le cyprès , arbre funèbre , leur était consacré.
Le bruit du fer, le son de l'airain, leur étaient insupportables et les faisaient fuir ; mais la vue du feu les réjouissait : de là vient qu'en Italie on plaçait de petites lampes dans les sépulcres. Les Romains avaient coutume d'inscrire ces mots : Aux dieux Mânes! sur les marbres funéraires, pour rappeler aux profanes et aux impies la sainteté des tombeaux.
Souvent le nom de Mânes est employé par les poètes latins pour désigner les Enfers et Pluton. Souvent aussi les Mânes sont confondus avec les dieux Lares et avec les Lémures.
On appelait Lémures ou Larves une sorte de déessesfantômes , une espèce de revenants, de lutins , dont l'occupation principale était d'effrayer les vivants. Le meilleur moyen de les mettre en fuite était de jeter des fèves ou d'en brûler : la fumée de ce légume rôti leur causait un dégoût insurmontable. Quelquefois on distingue les Lémures des Larves : les premières sont envisagées comme bienveillantes et propices : les Larves, au contraire, comme redoutables et malfaisantes.
§ 21. I»Iutus.
Plutus était le dieu des richesses. Privé de la vue, il ne pouvait distinguer les bons des méchants, les sages des fous , et distribuait indifféremment ses
largesses aux uns et aux autres. Au reste, comme le dit spirituellement un poète :
Tout est aveugle en cet humain séjour ; On ne va qu'à tâtons sur la machine ronde.
On a les yeux bouchés à la ville , à la cour.
Plutus , la Fortune et l'Amour Sont trois aveugles-nés qui gouvernent le monde,
VOLTAraE.
— Les Grecs représentaient Plutus sous la figure d'un vieillard qui tient une bourse à la main. Il arrive à pas lents et en boitant , et s'en retourne avec des ailes : ce qui veut dire que les richesses s'acquièrent diflQcilement , mais qu'elles se dissipent très vite. Quelquefois on met Plutus au rang des divinités infernales, et on le confond avec Pluton^ parce que l'or et l'argent se tirent des entrailles de la terre.
§ 22. Cornus.
GoMus , dieu des festins , de la Joie et des danses nocturnes, n'avait point de temple ni de prêtres. On n'égorgeait ni quadrupèdes ni volatiles en son honneur ; mais avant ou après le repas on lui adressait quelque invocation. Geux qui célébraient ses fêtes couraient déguisés et masqués pendant la nuit , à la lueur des flambeaux.
On le représente sous les traits d'un jeune homme couronné de roses , chargé d'embonpoint , la face enluminée et pouvant à peine soutenir sa tête appesantie. Il s'appuie d'une main sur une longue pique de chasseur ; de l'autre il porte négligemment un flambeau renversé.
A Gomus est ordinairement associé Momus , dieu du badinage , de la raillerie et des bons mots. Sa