LA MORT
la vaste étendue des deux. On lui immolait, de même qu'aux Furies et aux Parques , des brebis noires -, on lui sacriflait aussi un coq , parce que les cris perçants de cet oiseau interrompent le calme des nuits.
Le Sommeil, disent les poètes, habite un palais impénétrable aux rayons du jour. Jamais le coq matinal , jamais les oies vigilantes ni les chiens n'en troublèrent la tranquillité. Le doux repos y fait sa demeure habituelle ; le fleuve d'Oubli y roule mollement ses eaux languissantes, dont le faible murmure invite à dormir. Au milieu de ce palais est un lit d'ébène, entouré de rideaux noirs : là repose, sur la plume et le duvet , le dieu paisible , environné de Songes de toute espèce. Morphée, ministre du Sommeil, veille à la porte de l'appartement , et empêche qu'on ne fasse à l'entour le plus léger bruit.
Les Songes, enfants du Sommeil, sont aussi nombreux que les feuilles des forêts et que les sables de la mer. Les uns, insignifiants ou trompeurs, sortent des enfers par une porte d'ivoire ; les autres , vrais et prophétiques, sortent par une porte de corne.
§ 31. I^a IHort.
La Mort, fille de la Nuit, habitait lé seuil du Tartare. La Grèce ne lui éleva ni temples ni autels ; et, quoique reconnue pour déesse, elle n'eut jamais aucun prêtre dans cette contrée. Le cyprès et Vif lui étaient consacrés.
Les modernes représentent la Mort sous la figure d'un squelette couvert d'un manteau noir. Dans sa main droite est un glaive ou une faux ; dans sa gauche une clepsydre, sorte d'horloge. Au-dessus de sa tête un papillon prend son vol : c'est le symbole de la vie future.
Les peintres et les sculpteurs de l'antiquité , craignant sans doute de réveiller des idées pénibles , n e peignirent la Mort que sous des emblèmes gracieux . Tantôt c'est un Amour qui renverse ou éteint son flambeau; tantôt c'est un enfant qui s'endort; tantôt c'est une rose sur un cercueil. Laissons , en effet ,
Laissons au vulgaire des hommes Redouter de la mort les pièges imprévus :
Elle n'est point tant que nous sommes ; Quand elle est, nous ne sommes plus.
L'abbé Mangenot.
La déesse des funéraille's s'appelait Libitine, cbez les Romains , et était la protectrice de tous les employés et administrateurs des pompes funèbres. Elle avait à Rome un temple où l'on venait apporter un denier d'argent (50 centimes) pour cbaque personne qui décédait ; institution ancienne , qui remonte au règne de Servius TuUius. Le nom de Libitine est quelquefois donné à Hécate et à Proserpine.
Nota. — Au moment d'aborder la troisième section , consacrée aux Héros et Bemi-Bieux, il peut être utile de renvoyer, pour de plus amples détails, aux Lectures de M. C. Raffy, chez E. Thorin, éditeur, notamment aux extraits qui suivent :
Lectures historiques , t. II : Géographie de la Grèce , Pomponius Mêla ; Temps héroïques , Thésée , Guerre des Sept-Chefs , Guerre de Troie , Barthélémy ; Expédition des Argonautes , Travaux d'Hercule , Amazones , Diodore de Sicile ; Religion des Grecs , jeux Olympiques , Barthélémy ; etc. , etc.
Lectures géographiques , t. I , le monde d'Homère , Malte-Brun ; le monde d'Hérodote , Hérodote ; etc.