‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 53 sur 105 · ORPHÉE · texte numérisé non relu

ORPHÉE

revinrent du tombeau à la lumière. Les enfers se dépeuplaient, à la suite de tant de résurrections : Pluton porta sa plainte à Jupiter, qui d'un coup de foudre tua le trop habile médecin. Des honneurs divins lui furent rendus après sa mort : son culte s'établit à Epidaure, sa patrie ; de là il se répandit dans les autres villes de la Grèce , passa en Asie et enfin à Rome.

— On le représente quelquefois sous la forme d'un serpent; plus souvent sous la figure d'un homme pensif , couvert d'un manteau , et tenant à la main un bâton autour duquel s'entortille un serpent. Un coq est à ses pieds, symbole de la vigilance.

Ses deux fils, Podalire et Machaon , assistèrent au siège de Troie, comme médecins de l'armée grecque, et y firent éclater leur bravoure autant que leur science.

§ 8. Orpbée.

Orphée , théologien , poète , et musicien célèbre , était fils d'OEagre, roi de Thrace.

Dès sa jeunesse, il s'appliqua à l'étude de la religion, et voyagea en Egypte pour y consulter les prêtres de cette contrée, et se faire initier par eux aux mystères d'isis et d'Osiris. Il visita ensuite la Phénicie, l'Asie Mineure, la Samo thrace; et, de retour parmi ses compatriotes , il leur apprit l'origine du monde et des dieux , l'explication des songes , ] 'expiation des crimes, et institua les fêtes de Bacchus et de Gérés. Il donna aux Grecs de savantes notions d'astronomie , chanta la guerre des Titans, l'enlèvement de Proserpine , les travaux d'Hercule, et fut regardé comme le père de la théologie païenne.

La musique lui servait de délassement dans ses

occupations sérieuses. Avant lui, la flûte était seule en usage parmi les Grecs ; il inventa la lyre , ou plutôt la perfectionna en y ajoutant deux cordes. Sa voix, unie au son de cet instrument , enchantait les hommes et les dieux : la nature entière était sensible à ses accords. Les lions , les ours , venaient lécher ses pieds ; les fleuves remontaient vers leur source pour l'entendre; les rochers prenaient de la vie et marchaient à lui.

Toutes les nymphes , admiratrices de son talent, accompagnaient ses pas et le désiraient pour époux. La seule Eurydice, dont la modestie égalait les charmes, lui parut digne de le fixer ; il l'épousa, et en fut tendrement aimé. Mais il ne jouit pas longtemps des douceurs de cet hyménée. Un jour qu'Eurydice fuyait les poursuites d'Aristée, fils de Gyrène, elle fut piquée au talon par un serpent, et mourut de cette hlessure. Orphée inconsolable, n'ayant pu fléchir les divinités du ciel, ne craignit pas de descendre aux enfers , pour y implorer le dieu des morts et lui redemander sa chère compagne. Il fit entendre, sur les bords du Styx , des accents si doux et si touchants, que les habitants du Ténare ne purent refuser des larmes à son malheur. Pluton même se laissa émouvoir. Il appelle Eurydice, qui se trouvait parmi les Ombres nouvellement arrivées ; elle approche d'un pas lent, car sa blessure était récente,- on la rend à Orphée, mais sous la condition expresse qu'il ne tournera point la tête pour la regarder, jusqu'à ce qu'elle ait quitté le royaume des morts. Eurydice avait déjà franchi tous les obstacles qui pouvaient empêcher son retour; déjà elle allait revoir la clarté, des cieux, lorsque Orphée, oubliant la loi qu'il a juré d'observer, cède à l'impatience de revoir sa femme : impatience digne de pardon, si les enfers savaient

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