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vaux invincibles dont il était possesseur. Laomédon n'eut garde d'hésiter. Hercule , armé de toutes pièces, se jeta dans la gueule de l'animal, pénétra jusque dans le fond de ses entrailles et y demeura trois jours occupé à le déchirer et à épuiser son sang. Une si importante victoire appelait un juste salaire : Laomédon nia sa promesse et refusa les chevaux ! Hercule, joué, ne put contenir les transports de sa fureur ; il saccagea la ville de Troie, massacra le roi parjure , enleva Hésione et la donna en mariage à Télamon, roi de Salamine.
§ 2. I*riaiii.
Priam, fils et successeur de Laomédon, s'appelait d'abord Podarcès. Quand son père frustra le libérateur d'Hésione de la récompense due à son courage, Priam essaya , par tous les moyens qui étaient en son pouvoir , de le ramener à des sentiments équitables et de lui faire accueillir la réclamation du héros. Hercule, que tant de générosité et de courage dans un jeune prince avait profondément touché, lui accorda, comme un gage de reconnaissance, la ville et le trône dont il venait de s'emparer (1). En peu d'années , cette capitale , qui n'offrait à l'œil qu'un monceau de ruines, renaît plus grande et plus belle ; l'empire s'étend et fleurit; d'utiles alliances sont contractées avec les principaux monarques de l'Asie Mineure ; Priam lui-même , par son mariage avec
(1) Selon une tradition différente, Fodanès fut emmené captif avec les autres Troyens ; sa rançon fut ensuite payée , il prit le nom de Priam (qui signifie racheté), et rentra en possession de l'héritage paternel.
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Hécube devient le gendre d'un roi puissant de la Thrace : ce roi s'appelait Dymas.
Les plus célèbres des fils de Priam furent Paris (surnommé Alexandre), Hector, Laocoon, Déiphobe, Hélénus , Troïle , Polydore ; et les plus connues de ses filles : Ilioné, Creuse, Polyxène et Gassandre.
§ 3. i»âpîs.
Hécube, peu de temps avant la naissance de Paris, eut un songe extraordinaire : elle rêva qu'elle portait dans son sein un tison allumé qui allait embraser le palais et toute la ville. L'oracle , interrogé sur cette vision , répondit « que la reine mettrait au » monde un fils qui serait cause de la destruction de » sa patrie. » A cette nouvelle, Priam chargea un de ses officiers , nommé Archélaûs , de faire périr le nouveau-né ; mais Archélaûs , fléchi par les larmes d' Hécube, se contenta de le porter sur le mont Ida et de le confier à des pâtres qui le cachèrent et prirent soin de l'élever. Il devint le plus beau, le plus adroit et le plus brave des bergers phrygiens. OEuone , nymphe des forêts , l'aima ; elle devint son épouse , et leur union fut heureuse tant qu'ils vécurent solitaires et ignorés. La célébrité de Paris fut l'écueil de son bonheur : il parut dans les jeux publics de Troie, y triompha de ses rivaux , fut reconnu de Priam et accueilli dans le palais.
La cour céleste entendit parler des exploits de Paris ; Mercure vanta les mérites de ce ïroyen, et conseilla aux dieux de le choisir pour arbitre dans le fameux débal qui alors partageait l'Olymp'e. Aux noces de'Thétis et de Pelée, où tous les dieux et toutes les déesses avaient, été conviés , la Discorde seule fut
exclue du festin, de peur qu'elle n'y semât le désordre et les querelles. Cet affront la blessa au vif et elle s'en vengea habilement. Elle parut dans un nuage à la fin du repas et jeta sur la table une pomme d'or où étaient gravés ces mots : a la PLtrs bbue. Ce fut le signal des contestations. Junon, Vénus et Minerve prétendirent à la pomme : Paris fut désigné pour juge entre les trois déesses, qui mirent en usage toutes les séductions pour se le rendre favorable. Junon lui promit les richesses ; Minerve, la gloire des armes ; Vénus, la plus belle femme du monde. Vénus fut préférée : elle obtint, au milieu des applaudissements de l'Olympe, le prix de la beauté. Ses rivales, jalouses et humiliées, résolurent de perdre Paris, sa famille et toute la nation troyenne.
Vénus , qui avait promis à Paris la plus belle femme du monde, lui désigna Hélène, fille de Tyndare et femme de Ménélas : elle demeurait à Sparte, dans le palais de son époux.
Aucun obstacle n'arrête Paris : Vénus le conduit et le favorise. Il part sur un brillant navire ; il aborde, il arrive à Sparte dans le plus somptueux appareil. Une grâce divine est répandue sur sa personne. Il est reçu à la cour du monarque lacédémonien avec toutes les démonstrations de la bienveillance : il y est logé dans le plus riche des appartements ; il y est servi par vingt esclaves attentifs à ses moindres vœux. Au milieu des fêtes, Paris n'oublie pas son projet; il emploie pour plaire à Hélène tout ce qu'il a de propos aimables, de regards afîectueux, de soins prévenants et assidus. Sur ces entrefaites, Ménélas, obligé d'aller dans Tile de Crète pour une affaire importante, quitte son épouse et s'embarque. Demeuré seul auprès d'Hélène , Paris lui ouvre son cœur et la conjure de le suivre à Troie. Elle ne ré-
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sisfce que faiblement à celui qui a tout pour plaire ; elle part avec lui ; elle renonce à sa patrie ; elle abjure les sentiments d'épouse et de mère !
Ménélas revient : il apprend le crime du perfide étranger, et fait retentir de ses plaintes le Péloponèse et la Grèce. A sa voix éloquente, tous les capitaines, tous les princes et les rois voisins, brûlant de venger une si sanglante offense, rassemblent dans le port d'Aulis, en Béotie, leurs vaisseaux, leurs coursiers, leurs armes et tout l'appareil des combats, et s'engagent de rester unis jusqu'à ce que Troie ait été prise et détruite de fond en comble. Le commandement de l'armée est confié à Agamemnon, roi d'Argos et de Mycènes , frère du prince outragé. Mais un prodige inattendu s'oppose au départ de la flotte de& Grecs : aucun vent, aucun zéphir ne souffle... Des semaines, des mois s'écoulent ; le calme continue , et la rame fatigue vainement l'onde immobile.
Le devin Calchas est consulté : Calchas garde le silence ; il refuse de répondre ; il avoue enfin qu'il faut apaiser la colère de Diane par le sacrifice d'IpHi- GÉNiE, fille aînée d'Agamemnon (1). « A ce prix, » dit Calchas, « les Grecs peuvent s'ouvrir le chemin » des mers et détruire les remparts d'Ilion. » Accablé de cet oracle et résolu à ne pas souffrir qu'on immole sa fille, Agamemnon ordonne à Talthybius, un de ses hérauts, de convoquer les chefs de l'armée, et de leur déclarer que l'expédition projetée n'aura pas lieu : qu'ils doivent, en conséquence , retourner chacun dans leur patrie. Mais Ménélas, mais Ulysse et le bouillant Ajax ne peuvent supporter l'idée d'abandonner Hélène aux Troyens et de rentrer hon-
(1) Agamemnon , dans une partie de chasse , avait tué par mégarde une biclie consacrée à Diane.
teusement dans leurs foyers ; ils prient et conjurent Agamemnon ; ils chatouillent son orgueil ; ils lui montrent les lauriers qui l'attendent , et l'éclat immortel qui va rejaillir sur son nom : voudrait-il être la fable de la Grèce et la risée de ses ennemis ?
Peu à peu les sentiments de l'amour paternel cèdent à ceux de la gloire militaire, l'ambition étouffe le cri de la nature. Agamemnon permet le sacrifice qu'on exige de lui. Iphigénie n'était pas à Aulis ; elle était restée à Mycènes, auprès de Glytemnestre sa mère, avec ses deux sœurs et le jeune Oreste. Pour la faire venir au camp , son père feignit de vouloir, avant le départ de la flotte, lui faire épouser le vaillant Achille, à qui elle était fiancée. Iphigénie reçoit avec joie cette nouvelle. Elle arrive à Aulis ; l'affreuse vérité lui est révélée. Frappée d'horreur à l'idée du sort qu'on lui prépare, elle court demander grâce à son père ; elle met tout en œuvre pour le fléchir ; et, le voyant inexorable, elle songe à s'enfuir avec sa mère. Mais bientôt, réfléchissant aux triomphes dont sa mort sera suivie, elle se résigne au trépas, fait elle-même les préparatifs de son sacrifice et s'avance d'un pas ferme vers le bois sacré de Diane, où l'attendait Galchas. Galchas couronne la victime ; il invoque les dieux, marque de l'œil l'endroit où il doit frapper. Il frappe, tous entendent le coup ; mais Iphigénie disparait au même instant , sans qu'on aperçoive aucune trace de sa retraite. On trouve en sa place une biche d'une taille extraordinaire et d'une rare beauté étendue à terre et palpitante ; ce prodige réveille le courage des Grecs , le vent devient favorable et l'on met enfin à la voile.
Assiégée par des milliers de combattants, Troie était défendue par Hector, fils de Priam ; par Enée, fils d'Anchise ; par Memnon, Polydamas, Euphorbe,
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Sarpédoii, roi de Lycie, et par d'autres fameux guerriers. Paris, qui avait juré à Hélène d'être aussi vaillant que tendre, ne soutint pas la réputation de bravoure qu'il avait acquise dans sa jeunesse. Les délices d'une cour opulente l'avaient énervé. Un jour que les armées étaient en présence , il s'avance à la tête des bataillons phrygiens , couvert d'une peau de léopard, armé d'un arc et d'une épée, et provoque fièrement les plus braves capitaines grecs ; mais lorsqu'il voit Ménélas accourir pour le combattre , il tremble de peur et se réfugie dans le plus épais des phalanges. Ranimé par les reproches d'Hector, il se présente de nouveau contre son adversaire, qui, plus fort et plus adroit, allait triompher, quand Vénus vient au secours de son favori, l'enveloppe d'un nuage et le transporte auprès d'Hélène, dans l'intérieur du palais. Il montra plus de courage ou fut plus heureux en d'autres rencontres.
Blessé enfin par Philoctète , et près de mourir, il se fit porter sur le mont Ida , vers OEnone, qui, touchée de ses souffrances et de ses regrets, employa toutes les ressources de l'art pour le guérir. La flèche était empoisonnée : Paris expira peu de jours après (C'était la neuvième année du siège de Troie). OEnone, trop sensible à la mort d'un mari volage, se laissa consumer de tristesse , et son corps fut réuni , dans la tombe, à celui de Paris.
Quant à Hélène, on ne sait pas exactement quelle fut sa conduite pendant cette guerre. Homère assure qu'elle soupirait sans cesse après son premier époux et qu'elle maudissait l'instant où elle avait eu la faiblesse d'écouter et de suivre un étranger. 4 la mort de Paris , elle épousa Déiphohe , autre fils de Priam ; mais , après la prise de Troie , elle le trahit indignement et le livra au poignard des Grecs, es-