‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 66 sur 105 · ACHILLE · texte numérisé non relu

ACHILLE

pérant se réconcilier par ce crime avec Ménélas. Elle y réussit en efîet : le fils d'Atrée lui pardonna et la ramena en Grèce, où de nouveaux chagrins l'attendaient. La mort lui enleva Ménélas , son dernier appui : elle fut bannie du Péloponèse comme une peste publique et s'enfuit à Rhodes , près de la reine Polyxo , 'qui l'accueillit d'abord avec un semblant de faveur, mais qui donna ordre , le jour suivant, qu'elle fût étouffée dans le bain et son cadavre ignominieusement pendu à un gibet.

§ 4. il.cliille.

Achille, flls de la nymphe Thétis et de Pelée, naquit à Phtia^, ville de Thessalie. Sa mère, qui voulait le rendre invulnérable, le porta aux enfers et le plongea dans les eaux du Styx ; mais elle oublia d'y tremper aussi le talon.

Achille fut élevé par le centaure Ghiron, qui lui enseigna la musique, la médecine, l'art des combats et lui donna de la vivacité et de la force en le nourrissant de la moelle des lions. Pour l'empêcher d'aller à Troie , où il devait périr, selon la prédiction d'un oracle , Thétis l'envoya , sous un vêtement de femme , à la cour de Lycomède , roi de l'île de Scyros. Cependant , comme la ville de Troie ne pouvait être prise sans le secours d'Achille , Ulysse vint à ScyroSj déguisé en marchand, et offrit des bijoux et des armes aux dames de la cour. Toutes choisirent des bijoux ; Achille seul prit des armes. Ce choix le trahit. Obligée de consentir à son départ, sa mère obtint pour lui un bouclier, ouvrage de Vulcain, et y ajouta quatre chevaux immortels. Patrocle, son meilleur ami, l'accompagnait ; l'écuyer Automédon conduisait son char.

154 PERSONNAGES DE l'iLIADE ET DE l'ÉNÉIDE.

Arrivé devant Troie , Achille y déploya une étonnante valeur : il vainquit Télèphe, roi de Mysie; Gycnus , petit-ûls de Neptune ; Penthésilée , reine des Amazones, et Troïle, fils de Priam.

Ayant assiégé et pris Lyrnesse, ville de Troade, il demanda et obtint en partage Briséis , fille de Brisés, grand prêtre de Jupiter. La beauté de cette noble captive, sa jeunesse et ses talents, gagnèrent facilement le cœur du héros. Achille traitait Briséis avec tous les égards et tout le respect dus à son rang : il s'efforçait de diminuer sa douleur et d'adoucir l'amertume de ses regrets ; il avait même réussi à s'en faire aimer, lorsque Agamemnon, chef suprême de l'armée, homme capricieux et fier, abusant de son pouvoir, envoya deux de ses officiers pour enlever la jeune Briséis, qu'ils lui amenèrent. Achille, outré de cet affront, jura de ne plus combattre pour la cause^ des Grecs , s'enferma dans sa tente et resta une année entière loin des camps. Agamemnon reconnut enfin l'injustice de son procédé et le besoin qu'il avait du bras d'Achille pour arrêter les victoires d'Hector ; il renvoya Briséis avec de riches présents. . . C'était trop tard : Achille refusa de la reprendre et s'obstina à ne pas défendre les Grecs. Ni les prières des généraux , ni les représentations de Phénix , son ancien gouverneur , ni les sollicitations de tous ses amis ne purent le déterminer à sortir de cette inaction.

Patrocle suivit l'exemple de son ami, partagea son ressentiment et ne se montra plus à la tête des bataillons. Mais cette discorde , trop fatale aux Grecs , ne pouvait durer : Nestor, par ses exhortations pressantes, décida Patrocle à reparaître au champ d'honneur. Achille lui prêta sa cuirasse, son casque et son épée.

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