‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 71 sur 105 · IDOMÉNÉE · texte numérisé non relu

IDOMÉNÉE

fut pas blessé au pied par une flèche , mais par la piqûre d'une vipère qu'avait suscitée Junou, pour le punir d'avoir soigné Hercule mourant et de lui avoir rendu les honneurs de la sépulture.

§ 13. Ido menée.

Idoménée, roi de Crète, alla au siège de Troie, accompagné de Mêrion, son proche parent, et ils se distinguèrent tous deux par l^ur bravoure. Après l'incendie de cette ville, Idoménée fit voile pour revenir en Crète ; mais la mer devint si orageuse et le vent si contraire , que le pilote annonça un naufrage prochain et inévitable. Idoménée , levant les mains au ciel, invoquait Neptune : « Puissant dieu , » s'écriat-il, a toi qui gouvernes l'empire des ondes, dai- » gne prêter l'oreille à un malheureux I Si tu me » fais voir l'île de Crète malgré la fureur des vents, » je ii^^olerai la première tête qui s'offrira à mes re- » gards. »

Echappé à la tempête , Idoménée arrivait dans le port désiré ; il remerciait Neptune d'avoir exaucé sa prière ; mais bientôt un pressentiment de son malheur lui donna un cuisant repentir de son vœu indiscret; il appréhenda d'arriver parmi les siens et de revoir ce qu'il avait de plus cher au monde. Il arrive, à peine ose-t-il lever les yeux. Il voit son fils qui accourait à sa rencontre : il recule, saisi d'horreur , cherchant , mais en vain , quelque autre tête moins chère qui puisse lui servir de victime. On s'empresse autour d'Idoménée, on cherche à calmer ses sens ; on lui montre un moyen d'accomplir son vœu sans faire un crime. Pâle, morne, abattu, il ne profère pas une parole. Tout à coup, et comme poursuivi par une Furie , il surprend ceux qui l'entou-

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rent, s'élance, et plonge son épée dans le sein de son enfant... Le peuple, indigné, se soulève contre ce père fanatique , et l'accable de tant de malédictions et de menaces, qu'il ne trouve plus de salut dans ses vaisseaux. Il y remonte et se livre à la merci des ondes.

Les vents le poussèrent vers l'Italie , sur les côtes de la Galabre , où il fonda la ville de Salente , à laquelle il donna des lois pleines de sagesse et dignes de son aïeul Minos.

§ 14. Xestor.

Nestor, fils de Nélée , régna sur la ville de Pylos et sur toute la Messéuie.

Déjà octogénaire , Nestor conduisit au siège de Troie les soldats de la Messénie , et fit admirer jusqu'à la fin de cette guerre sa profonde sagesse , la modération de ses avis, et son éloquence aussi douce que persuasive. « Que n'ai-je dans mon armée dix » Nestors ! » s'écriait Agamemnon ; « nous verrions » bientôt s'écrouler les murs d'Ilion , et bientôt les » richesses de cette opulente cité seraient le prix de » notre courage. » Ce vieillard illustre survécut à l'expédition de Troie , et revint à Pylos , où il mena une vie paisible, environné d'une famille nombreuse dont il était vénéré , et qui écoutait ses avis comme des oracles.

Antiloque , fils de Nestor, l'accompagna en Asie , et se signala par sa vaillance en diverses rencontres. Son dévouement filial causa sa mort. Voyant son père engagé dans le plus fort de la mêlée , et près d'être frappé d'un coup de lance que lui portait Memnon , il se jeta entre les deux combattants, et reçut le coup mortel.

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