‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 75 sur 105 · PÉNÉLOPE · texte numérisé non relu

PÉNÉLOPE

», insensibles? L'Etat veut un maître. — Hélas ! » répliquait Pénélope , « que me demandez-vous ? et 5> pourquoi me presser ainsi? Attendez encore, je » vous en conjure. La mort d'un héros tel qu'Ulysse » fait du bruit ; la nouvelle de son trépas serait ve- » nue jusqu'à moi. Peut-être que, jeté dans une île » déserte, il tourne ses yeux vers Ithaque et n'attend » qu'un vent favorable qui l'y ramène. Néanmoins , » puisque l'Etat demande un maître, voilà sous vos » yeux l'arc d'Ulysse. Cet arc ne peut être manié » que par un héros : celui d'entre vous qui l'aura » ployé sera mon époux. »

Pénélope savait à quels hommes efféminés elle proposait ce défi. : ils l'acceptèrent cependant. Le peuple vint en foule au palais. Chacun des prétendants s'efforce de sortir vainqueur d'une épreuve aussi importante. Tranquille spectatrice, Pénélope souriait sous son voile et s'applaudissait d'un expédient qui devait la délivrer de tant d'importuns. Aucun d'eux , en effet , n'en vint à bout ; l'arc rebelle résista à leurs mains débiles.

Un homme mal vêtu , d'un extérieur peu imposant, perce la ifoule et se présente dans la lice. « Ce sera » moi qui le courberai, » s'écrie-t-il. On prend à peine garde à lui. Il insiste, il invoque l'équité des juges , les lois du combat et la parole donnée par la reine. On ne peut lui refuser ce qu'il exige. Il se saisit de l'arc , et, du premier effort, le ploie en deux, a A cet acte de vigueur, » dit-il en regardant le peuple stupéfait, « reconnaissez Ulysse votre roi, l'époux de la chaste Pénélope. » Puis , ramassant quelques javelots : « Amis, » ajouta-t-il en s'adressant toujours à ses sujets , « suivez-moi ; exterminons cette engeance d'insolents et de parasites 1 » La révolution fut instantanée ; tous les prétendants , à l'exception

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du chantre Phémius , furent massacrés. Le vieux Laërte retrouva un fils , Télémaque un père , Pénélope un époux bien-aimé.

§ 18. Télémaque.

Télémaque, fils d'Ulysse et de Pénélope, était encore au berceau lorsque son père partit pour le siège de Troie.

Placé auprès de sa mère , le jeune Télémaque y grandit à l'ombre des vertus et de la sagesse et devint le plus accompli des enfants de son âge. A quinze ans, le dessein de voir son père, dont il ignorait le sort , lui fit quitter sa patrie et parcourir plusieurs mers. Il fut reçu avec amitié par Nestor, roi de Pylos, qui l'engagea d'aller à Sparte auprès de Ménélas et d'Hélène, dont il fut accueilli avec distinction , et qui cherchèrent à le distraire durant quelques jours de ses justes craintes.

Les dieux protégèrent tant de dévouement filial, et Minerve, sous la figure de Mentor, daigna lui servir de conseillère, de guide et d'appui (1). Il revint enfin à Ithaque , où Ulysse avait abordé la veille , et il l'aida à combattre et à exterminer les prétendants (2).

§ 19. BLécube.

Hécube, veuve de Priam, avait vu périr durant le siège de Troie la plupart de ses enfants ; elle-même,

(1) Ulysse , ami de Mentor , lui avait confié le soin de sa famille et Tadministration de ses affaires.

(2) Les nombreuses aventures dont Fénelon a embelli son roman de Télémaque ne se trouvent mentionnées dans aucun écrivain de l'antiquité.

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