D'APRES OVIDE
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§ 1. Pbilémon et Baiicis.
Badcis, femme pauvre' et âgée, vivait avec son mari Philémon, aussi vieux qu'elle, dans line cabane couverte de chaume. Jupiter et Mercure, parcourant la Phrygie sous une figure humaine, furent partout rebutés, et ils ne trouvèrent d'asile que sous le toit hospitalier de Philémon et de Baucis. Un dîner champêtre fut servi aux deux voyageurs avec autant de cordialité que d'empressement, A la fin du repas, les dieux s'annoncèrent pour ce qu'ils étaient ; et , ayant conduit ces pieux époux sur une éminence voisine , ils leur dirent de tourner la tête et de regarder le pays. Philémon et Baucis virent tous les environs submergés , excepté leur chaumière , qui s'était changée en un temple magnifique. Pendant que ce spectacle les frappait d'étonnement, Jupiter leur promit d'exaucer les vœux qu'ils feraient ; les deux époux demandèrent seulement d'être les ministres de ce temple, et de ne pas mourir l'un sans l'autre. Leurs souhaits furent accomplis : la garde du
temple leur fut confiée , et , parvenus à une extrême vieillesse , ils furent métamorphosés dans le même instant, Baucis en tilleul, et Philémon en chêne.
§ 2. I»ypame et Thîsbé.
Thisbé , la plus aimable des jeunes filles de Babylone, était aimée de Pyrame, jeune homme accompli, qui habitait une maison contiguë à la sienne. L'hymen eût couronné leur flamme , si leurs parents , désunis par un long procès, n'eussent mis des obstacles à cette alliance. Mais ces obstacles mêmes ne firent qu'augmenter leur attachement.
Après des tentatives réitérées auprès de leurs pères, après bien des soumissions et des démarches infructueuses, ils formèrent l'insensé projet de s'enfuir de Babylone à la faveur de la nuit ; et , afin de ne pas s'égarer, ils se donnèrent un rendez-vous au mausolée de Ninus , et sous le mûrier blanc qui le couvre. Tout auprès, coulait une source limpide. Thisbé réussit la première à s'échapper de la demeure paternelle et à sortir des murs de la ville. Couverte d'un voile, elle arrive au tombeau de Ninus et s'assied sous l'arbre indiqué. Une lionne, la gueule encore rougie du sang des bœufs qu'elle venait de dévorer, arrive en même temps au même endroit pour étancher sa soif dans l'eau de la source. Aux rayons de la lune, Thisbé aperçoit cette bête féroce, et gagne précipitamment la grotte voisine ; mais , dans sa course , elle laisse par malheur tomber son voile. La lionne, désaltérée, s'éloigne et retourne vers les forêts ; sur sa route , elle trouve le voile qu'avait perdu Thisbé , et le met en pièces avec ses dents ensanglantées.