ATHAMAS; ET INO
§ 8. iSLtbamas et Ino.
Al HAMAS, roi de Thèbes, épousa Néphélée, qui le ifendit père d'un flls et d'une fille (Phryxus et Hellé). célèbres dans la fable. Ces deux enfants vivaient tranquilles à la cour, lorsque Athamas, d'un caractère léger et d'une humeur inconstante, répudia sa femme, qu'il prétendait atteinte de folie, et épousa Ino, princesse illustre, fille de Gadmus. Les noces en furent célébrées avec une pompe extraordinaire. Atbamas pouvait se dire le plus fortuné des époux -, et deux fils, Léarque et Mélicerte, issus de ce nouveau mariage, ajoutaient encore à son bonheur. Mais ce bonheur devait être aussi fugitif qu'un songe ; car Ino, jalouse des enfants du premier lit, auxquels revenait de droit l'empire de Thèbes, ne cessait de leur être hostile, et d'exercer sur eux de barbares traitements. Déjà même elle se familiarisait avec l'idée d'un double attentat, et en tramait le complot,, lorsque Phryxus et Hellé, avertis à temps, montèrent sur un bélier ailé et à toison d'or que possédait le riche Athamas, et s'enfuirent au travers des 'airs en Colchide.
Ino triomphait; Ino restait seule l'objet des hommages : un trône attendait ses fils. Mais Junon, qui détestait la famille de Gadmus depuis que Jupiter avait enlevé Europe, sœur de ce prince, ne put voir avec indifférence la prospérité et les joies d'Ino, et, dans l'excès de son dépit, elle forma le plus infâme des projets. Elle appelle Tisiphone, et lui dit : « Je » veux que la maison d' Athamas soit réduite en » cendres, et que tu engages ce prince dans un crime » dont l'univers frémisse d'horreur. » — « Yous se-
» rez obéie, grande reine : retournez au ciel, » A ces mots Tisiphone revêt sa robe ensanglantée, arme sa main droite de serpents, prend de la gauche une torche incendiaire, et sort des enfers.
Arrivée devant le palais d'Athamas, sa présence en fait trembler le seuil ; son haleine en infecte les appartements ; le soleil épouvanté cache ses rayons. Athamas et son épouse veulent fuir : la Furie les arrête, et, secouant les serpents dont sa main est entrelacée, elle en jette un contre Ino, un autre contre Athamas, et disparaît. Athamas est aussitôt saisi d'une démence mêlée de rage ; il se démène, il écume, il parcourt les corridors de son palais, en criant d'une voix rugissante : « Courage, compagnons ! tendez vos filets dans ce ■s> bois, j'y découvre une lionne avec ses lionceaux. » Et en même temps il poursuit la reine, qu'il prend pour une bête féroce, arrache d'entre ses bras le jeune Léarque, et l'ayant fait pirouetter trois fois, l'écrase contre un mur. En proie à un semblable délire, Ino pousse des hurlements et fuit du palais, où déjà tourbillonne un vaste incendie. Pâle, échevelée, et emportant son fils Mélicerte, elle traverse les campagnes, arrive au bord de la mer, gravit une roche élevée, et se précipite dans l'abîme des eaux. L'abîme les reçoit et les engloutit. Mais, à la demande de Vénus, Neptune prit en compassion leur triste sort; et, les dépouillant l'un et l'autre de ce qu'ils avaient de mortel, les changea en deux divinités marines : Ino sous le nom de Leucothoé, et Mélicerte sous celui de Palémon.
§ 9. îBIclio. — Wlarcîsse.
Echo, fille de l'air, aimait si éperdument iVarcme,