‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 90 sur 105 · PSYCHÉ · texte numérisé non relu

PSYCHÉ

faiteur. Le premier travail fut d'aller puiser une cruche d'eau bourbeuse à une fontaine que gardaient quatre dragons furieux. Le second fut de gravir le sommet d'une haute montagne, et de couper sur des moutons qui y paissaient, un flocon de laine dorée. Son courage la fait triompher deux fois. Pour troisième épreuve, Vénus lui dit : « Va chez Proserpine, » et demande-lui pour moi, dans cette boite, une » portion de sa beauté ; mais garde-toi de l'ouvrir ; » tu n'as pas besoin de nouveaux attraits. » Psyché entreprend ce message et l'accomplit ; mais elle ne peut vaincre son désir curieux. Elle veut voir ce qui constitue la beauté ; elle ouvre la boîte... Une fumée noire s'en exhale, s'épaissit autour d'elle et se dépose sur son visage ; un miroir lui montre le masque hideux dont elle vient de se couvrir. A cette vue , elle s'évanouit ; on craint pour sa vie ; on la transporte au pied des autels de Vénus. Elle y recouvre ses sens , et adresse une ardente prière à cette inflexible divinité.

Dans ce moment , et tandis que son visage est encore noirci de fumée, le prince paraît. Qu'on juge de sa confusion 1 II la rassure , et lui tend la main avec bonté.

Psyché est si interdite qu'elle ne peut parler ; elle se jette aux pieds du généreux vainqueur, et implore avec humilité son pardon. Satisfait de cette soumission et de cet aveu , l'époux céleste se hâte de faire disparaître les traces fuligineuses de dessus le visage de la jeune princesse , et ils passèrent tous deux du temple de Vénus dans le temple de l'Hyménée. La joie présida à la cérémonie du mariage ; et jamais union ne fut plus parfaite ni plus heureuse (1).

{ij Ce conte, que nous avons dû abréger, est tiré d'Apulée , écrivain

§ 2. Héro et Léandre.

Léandre, jeune homme d'Abydos, ville d'Asie, aimait passionnément la belle Héro, jeune prêtresse qui demeurait à Sestos, en Europe. (Ces deux villes, bâties sur le détroit de l'Hellespont, au bord du rivage et vis-à-vis l'une de l'autre, ne sont séparées que par un espace d'environ une demi-lieue.)

Chaque soir, Léandre traversait le détroit à la nage, pour se rendre auprès de Héro. Héro, de son côté, pour diriger la route du courageux jeune homme, allumait une lampe au sommet de la tour qu'elle habitait. Ces voyages durèrent tout l'été sans accident; mais l'automne arriva; la mer devint orageuse et le trajet périlleux. Pendant sept jours, Léandre, détourné par l'aspect menaçant des ondes , différa sa course ; le huitième, il ne put résister au désir de voir et d'entretenir Héro. Il partit î l'air était agité et le ciel obscur. Il lutta quelque temps contre l'impétuosité des vagues; mais ses forces épuisées ne le soutenaient plus, et il disparut dans l'abîme. Peu de jours après, son cadavre fut porté par les flots au pied de cette même tour, d'oii Héro, troublée d'un noir pressentiment, ne cessait d'étendre ses regards sur la plaine blanchissante. A la vue de ce corps inanimé, elle ne put modérer l'excès de son désespoir , et se donna la mort. — Cette aventure a été le sujet de plusieurs tableaux et de quelques poèmes. Le quatrain suivant, imité d'un auteur latin, mérite d'être cité :

latia. La Fontaine l'a reproduit, en l'embellissant, dans son roman de Vsyché.

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