GIGÈS. LES SYRÈNES
semble signifier qa^Epiménide avait passé sa jeunesse dans des lieux solitaires, livré à l'étude de la nature, et cherchant à former son esprit, son imagination et même son extérieur au rôle qu'il voulait jouer.
§ 9. Gygès.
Gygès, courtisan d'un roi de Lydie appelé Candaule, se distingua par la magnificence des dons qu'il envoyait chaque année au temple de Delphes. Etant descendu un jour au fond d'un abîme, il y trouva un squelette humain d'une grandeur extraordinaire, au doigt duquel était un anneau d'or, qu'il s'appropria. Cet anneau avait la vertu de rendre invisibles ceux qui le portaient. Au moyen de ce talisman, Gygès entra inaperçu dans la chambre du roi, le tua, épousa sa veuve, et monta sur le trône de Lydie. — Les richesses de Gygès, comme celles de Grésus, avaient passé en proverbe chez les Grecs.
§ 10. ties Sirènes.
Les Sirènes , sorte de fées musiciennes , étaient filles de Galliope et du fleuve Achéloûs, et habitaient ensemble une île voisine du cap Pélore, en Sicile. Quoique nymphes des eaux, elles avaient des ailes, avec un visage de jeune fille. On varie sur leur nombre, que quelques-uns fixent à trois, d'autres à cinq, d'autres à huit.
Un murmure harmonieux annonçait leur présence : leur chant était une magie. Leurs voix suaves allaient au cœur des matelots, qui, pour les mieux entendre, se penchaient, s'approchaient insensiblement de la surface de la mer, s'y plongeaient enfin et
ne revenaient plus. Mais il était décrété que, quand un homme aurait passé devant les Sirènes sans se précipiter vers elles, ces filles des eaux périraient. Ulysse amena leur jour fatal. Tout son équipage se boucha les oreilles avec de la- cire ; pour lui, les oreilles libres, il se fit attacher à son grand mât. Le navire traversa ainsi le parage mélodieux sans qu'il arrivât d'accident. Les matelots étaient privés de l'usage de l'ouïe, le chef de l'usage de ses jambes ; les uns n'avaient aucune envie de s'élancer vers les cantatrices marines, qu'ils n'entendaient pas ; l'autre suppliait à grands cris ses compagnons de le délier, mais il suppliait et criait en pure perte. Une des Sirènes, Parihénope, noyée après le triomphe d'Ulysse, fut jetée par la vague sur les sables de la côte d'Italie, et enterrée avec honneur. A son tombeau succéda un temple, au temple un village, que d'heureuses circonstances transformèrent en r: -. ville capitale. Cette ville est la fameuse Naples, S-i- ; ' 3 anciennement Parthénope. Les Lamies ont ceJi&ins points de ressemblance avec les Sirènes. Séduisantes et enchanteresses comme elles, leur corps se terminait en queue de poisson, et an lieu de mains elles avaient des griffes. Quand les voyageurs, attirés par la douce mélodie de leurs chants, s'approchaient pour les admirer, elles se relevaient subitement, couraient sur eux et les étouffaient.
§ 11. Céphale et Procrîs (1).
Géphale, roi de Thessalie, chasseur habile et infatigable, parcourait dès le point du jour les forêts, les
(1) ProcT-is était fille d'Ereehthée , roi d'Athènes, et sœur d'Orithyie, dont nous avons parlé , page 75.