‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 94 sur 105 · MILON. POLYDAMAS · texte numérisé non relu

MILON. POLYDAMAS

vallons, les moatagnes, et ne rentrait que le soir dans son palais. Procris, sa femme, d'un caractère jaloux, voyait]ayec inquiétude ses loigues absences, et ne pouvai^ croire que la chasse seule captivât ses goûts. Pour s'en éclaircir, elle s'avisa de le suivre secrètement, et de se tenir cachée dans les taillis. Géphale, épuisé de fatigue et de chaleur, vint par hasard se reposer sous un arbre voisin, et, d'un accent passionné, appela le souffle rafraîchissant du Zéphire : « Viens, douce Brise, viens ! Je ne suis » rien sans toi ; sans toi je succombe, et je péris. » Viens, Brise tant désirée, viens à moi! » Sa femme, qui entend ces paroles, croit qu'elles sont adressées à une rivale, tressaille, et agite le feuillage. Géphale tourne la tête à ce bruit, croit à son tour qu'une bête fauve se glisse dans le buisson, et il y dirige son javelot. Un cri humain s'en échappe... 11 reconnaît Procris, qui, blessée mortellement, se reproche sa coupable défiance, et expire entre les bras de son époux.

§ 12. Miloii. — Polydanxas.

MiLON, né à Grotone, dans le Brutium, surpassa tous les athlètes de son temps. On raconte qu'aux jeux du cirque il chargea sur ses épaules un taureau de quatre ans, le porta au bout de la carrière sans reprendre haleine , l'assomma d'un coup de poing, et le mangea le même jour. Lorsque, appuyant son coude sur sa hanche, il présentait la main droite ouverte et les doigts serrés les uns contre les autres, à l'exception du pouce qu'il élevait, il n'y avait aucune force humaine qui pût lui écarter le petit doigt des trois autres. 11 remporta six fois le prix de la

lutte aux jeux pytliiques, et autant de fois aux jeux d'Olympie.

Son imprudence fut cause de sa perte. Déjà très avancé en âge, il se promenait seul dans un bois écarté, où il aperçut un arbre que l'orage venait de fendre. Se souvenant alors de son ancienne vigueur, il essaya d'en séparer les deux moitiés ; mais son bras avait vieilli : l'arbre, qui s'était entr'ouvert à la première secousse, se referma, et les mains de Milon se trouvèrent si étroitement serrées qu'il ne les put retirer. La nuit suivante, il fut dévoré par des loups.

PoLYDAMAs , rival de Milon, était jeune encore lorqu'il étouffa sur le mont Olympe un lion monstrueux. Une autre fois il saisit un taureau par un des pieds de derrière, et le tint si bien, que cet animal, malgré toute sa fureur et ses efforts, ne put se débarrasser des mains de Poly damas qu'en lui laissant la corne du pied par lequel il était tenu. D'un seul coup il assommait un bomme ; d'une main il arrêtait un chariot attelé de six chevaux. Trop de confiance en ses forces hâta sa mort. Un jour que, dans une grotte, il buvait avec quelques amis, la voûte s'ébranla, le roc sembla s'entr'ouvrir, et les convives prirent la fuite. Lui seul resta, et de ses mains nerveuses, voulut soutenir la roche qui se détachait; mais la montagne entière venant à s'écrouler, il fut enseveli sous ses ruines.

% 13. Cîpcé.

Gmciii, princesse de Colchide, fille du Soleil, était une magicienne cruelle, artificieuse et jalouse. Elle allait chaque matin sur les montagnes, à la recherche des plantes vénéneuses, et s'occupait mystérieusement le soir à en exprimer les sucs malfaisants.

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