‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 96 sur 105 · ALGESTE. PHINÉE ET LES HARPYES · texte numérisé non relu

ALGESTE. PHINÉE ET LES HARPYES

§ 16. ililceste et A-dmète.

Alceste, fille de Pélias, fut recherchée en mariage par un grand nombre de princes. Son père, pour se délivrer de leurs poursuites importunes, jura qu'il ne la donnerait qu'à celui des prétendants qui pourrait atteler à un char deux bêtes féroces de différente espèce. Le roi de Thessalie, Admète, eut recours à Apollon dont il avait été jadis le bienfaiteur, et ce dieu s'empressa de lui amener un lion et un sanglier apprivoisés , qui traînèrent paisiblement le char d'Alceste.

Quelque temps après, Admète tomba dangereusement malade. Mais l'oracle ayant annoncé qu'il échapperait au trépas si quelqu'un mourait à sa place, Alceste son épouse, aussi courageuse que tendre, se dévoila et mourut pour lui. Hercule arriva en Thessalie le jour même oii elle venait d'expirer ; et Admète, malgré l'afiliction qu'il éprouvait, ne négligea envers lui aucun des devoirs de l'hospitalité. En retour d'un tel accueil, Hercule descendit aux enfers, combattit la Mort, la vainquit, et rendit Alceste à son époux.

§ 17. I»liînêe et les Barps^es.

Phinée, roi de Bithynie, épousa en secondes noces une des filles de Dardanus, appelée Idsea. Cette femme, d'un naturel jaloux et pervers, prit en aversion les enfants que Phinée avait eus de sa première femme, résolut leur perte, et, à cet effet, les accusa de conspirer contre les jours de Phinée. Celui-ci, sans autre témoignage, et sur le seul rapport d'une marâtre, leur fit crever les yeux et les chassa du pa-

lais. Mais cette cruauté ne tarda pas à être punie : les dieux rendirent Phinée aveugle à son tour , et lancèrent à sa poursuite les Harpyes.

Les Harpyes, filles de Neptune, étaient des monstres ailés, qui avaient le visage d'une vieille femme, le corps et les griffes d'un vautour avec une crinière de cheval. Jamais le courroux céleste n'enfanta des animaux plus hideux, ni un fléau plus redoutable : elles répandaient autour d'elles une odeur infecte, et corrompaient instantanément tous les aliments qu'elles touchaient. Assailli par elles, Phinée éprouvait les horreurs de la famine. Elles enlevaient ou empoisonnaient les viandes dont il couvrait sa table ; et, s'il réussissait une fois à les éloigner, elles revenaient à la charge, telles que des chiens immondes et dévorants. A la fin, ses deux beaux frères, Calais et Zéthès, touchés de son infortune, chassèrent de Bithynie ces oiseaux exécrables, et les poursuivirent jusqu'aux îles Strophades, lieu ordinaire de leur séjour. C'est là qu'Enée les rencontra dans son voyage, et qu'il eut cruellement à en souffrir.

Les Harpyes étaient fort nombreuses, mais trois seulement sont connues : Ocypétès, Aëllo et Géléno. — On varie beaucoup sur leur origine. Plusieurs croient que c'était une troupe d'énormes sauterelles, qui, après avoir ravagé une partie de l'Asie Mineure, se jetèrent sur la Grèce et dans les îles du voisinage, où elles causèrent une grande famine, et jonchèrent de leurs cadavres les coteaux, 4es plaines et les rivières. D'autres y ont vu des Corsaires qui faisaient fréquemment des descentes dans les Etats de Phinée ; d'autres enfin, des déesses malfaisantes qui présidaient aux Vents, aux Tempêtes et aux Maladies pestilentielles.

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