‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 97 sur 105 · IXION. SISYPHE. SALMONÉE · texte numérisé non relu

IXION. SISYPHE. SALMONÉE

§ 18. Ixlon.

IxiON, fils de Phlégyas, roi des Lapithes, épousa Dia, fille de Déjonée»

Ixlon avait promis à Déjonée des présents magnifiques s'il lui accordait Dia en mariage. Mais, après la célébration des noces, il refusa de tenir sa promesse ; et le beau-père frustré vola à son gendre les plus beaux chevaux de son étable. Ixion dissimula d'abord sa colère. A la fin, feignant de vouloir acquitter sa dette, il invita Déjonée à un festin, et le fit tomber dans une fosse remplie de feu, qui fut son tombeau. En horreur à tout le monde, Ixion ne trouva nulle part un asile, et supplia vainement les prêtres de la Thessalie de le purifier de son crime, c'est-à-dire de le lui faire expier par quelque cérémonie religieuse. Dans cet abandon général, il eut recours à Jupiter, qui daigna prendre pitié de lui, le transporta au ciel, et le fit asseoir à la table des dieux. Mais dans cette haute fortune, son hypocrite perversité ne le quitta point : ébloui des charmes de Junon, il osa lui avouer son amour, et la conjurer à genoux d'y répondre : affront que la reine des dieux paya de dédain, mais qui reçut de Jupiter un autre salaire. Il saisit sa foudre, en frappa Ixion, et le précipita dans le Tartare, où Mercure l'attacha à une roue qui tourne sans relâche, et lui fait soufîrir un éternel tourment.

§ 19. Sisypbe. — Salmonée.

Sisyphe, fils d'Eolus ou Eole, régna à Gorinthe et s'y rendit fameux par ses fourberies, ses vols et ses brigandages. Autolycus, un de ses voisins, aussi artificieux que lui, et admirateur de ses impostures,

désira l'avoir pour gendre, et lui fit épouser sa flUe Anticlée (1).

Près de rendre le dernier soupir, Sisyphe imagina une supercherie des plus . étranges et des plus hardies. Il appela sa femme au chevet de son lit, et lui demanda comme une grâce « de ne point enterrer son corps. » Il mourut, et sa veuve ohéifc à cette injonction formelle. Parvenu à la demeure de Pluton, Sisyphe se plaignit à ce dieu de la barbarie de sa femme, qui refusait à son corps la sépulture, et sollicita la permission de retourner sur la terre pour la châtier : Pluton le lui permit, à condition qu'il ne s'y arrêterait point, et qu'il reviendrait sous peu de jours. Mais le rusé personnage ne fut pas plus tôt hors du sombre empire, qu'il se vanta du succès de son mensonge, et découvrit l'intention où il était de ne pas redescendre aux Enfers. Il fallut recourir à la force. Mercure vint le prendre au collet, et le reconduisit chez Pluton, qui le condamna à rouler jusqu'au sommet d'une montagne un rocher énorme, qui retombait par son propre poids, et renouvelait indéfiniment le supplice de ce coupable.

Salmonée, frère de Sisyphe, poussa l'orgueil jusqu'à la dernière extravagance. Après avoir conquis toute l'EIide, il exigea de ses sujets qu'ils lui rendissent les mêmes honneurs qu'aux dieux ; et il tâcha dlmiter le bruit de la foudre en faissant rouler son char sur un pont d'airain. Là, nouveau roi de l'Olympe, il lançait des torches enflammées sur quelques misérables, qu'il faisait assommer ensuite par ses soldats;

Mais Jupiter lança le véritable foudre :

Un seul coup de son bras mit tout Touvrage en poudre ;

(!) Cette même Anticlée épousa ensuite Laërte, roi d'Ithaque, et donna le jour à U!i/sse.

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