‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 98 sur 105 · LES ORACLES · texte numérisé non relu

LES ORACLES

Et le monarque impie , eavironné d'éclairs, Avec son char brûlant tomba dans les enfers.

Delille.

§ 20. ILies Oracles.

Les réponses faites aux hommes par les dieux s'appelaient oracles. On donnait aussi ce nom à l'endroit où l'on recevait ces réponses, et à la divinité qu'on y interrogeait.

On consultait les oracles pour les grandes entreprises et pour de simples affaires domestiques. Fallait-il déclarer la guerre, conclure la paix, se délivrer d'un fléau, établir des lois, fonder une colonie : on avait recours aux oracles. Un particulier voulaitil faire un voyage, se marier, construire un palais, savoir s'il guérirait d'une maladie': il allait consulter une des ^divinités qui avaient la réputation de prédire l'avenir. Jupiter à Dodone et en Libye, Apollon à Delphes, à Glaros et à Délos, Esculape à Epidaure, Trophonius en Béotie, jouissaient à cet égard de la plus grande réputation.

Chaque oracle avait une manière particuKère d'annoncer la volonté du ciel. A Delphes, c'était une prêtresse nommée Pythie, qui remplissait cette fonction; à Dodone, on faisait parler des colombes et des chênes. Jupiter- Ammon donnait ses oracles nettement et sans détour. Dans certains endroits on recevait en songe, pendant la nuit, la réponse du dieu. A Glaros, le consultant ne posait pas de question -, il se contentait de donner son nom par écrit : la réponse résolvait la question qu'il avait en tête.

Les décisions de ces oracles étaient réputées infaillibles ; mais elles présentaient d'ordinaire un double sens ou une ambiguïté. Ainsi, quand la Pythie

conseilla à Néron « de se défier des 73 ans, » cet empereur crut qu'il ne devait mourir qu'à cet âge avancé : il ne songea point à son lieutenant Galba, qui était âgé de 73 ans/ et qui lui fit perdre le trône et la vie, Alexandre le Grand, avant son expédition d'Asie, vint à Delphes , dans un des mois où l'oracle ne donnait pas de réponses, et où la Pythie n'avait pas le droit de monter sur le trépied. Indigné de cet obstacle imprévu, il arracha la prêtresse de sa cellule ; et il l'entraînait au sanctuaire , lorsqu'elle s'avisa de s'écrier : « Mon fils, tu es invincible ! » Alexandre ne voulut point d'autre oracle, et marcha plein de confiance à la conquête de l'Asie.

§21. I.al»ytliîe.

Les Grecs donnaient le nom de • Pythie à la prêtresse qui rendait les oracles d'Apollon à Delphes ; ils appelaient pythonisses toutes les devineresses et toutes les femmes qui se mêlaient de prédire l'avenir.

La Pythie était choisie parmi déjeunes filles d'une naissance obscure, mais honnête, et l'on n'exigeait d'elle aucune instruction : il sufîisait qu'elle put répéter ce que le dieu lui dictait. Elle ne prophétisait qu'une fois l'année, vers le commencement du printemps ; les questions lui étaient soumises par écrit et cachetées. Avant de répondre à la foule des consultants, elle jeûnait trois jours, se baignait dans l'onde inspiratrice de Castalie, et mâchait des feuilles de laurier ; elle s'asseyait ensuite sur le trépied saint, posé au-dessus d'une cavité d'où s'exhalaient une odeur forte et une vapeur enivrante. A mesure que l'émanation divine l'enveloppait , ses cheveux se dressaient sur sa tête, son regard devenait farouche,

Page 1