‹ N.-H. Abel. Sa vie et son œuvreChapitre 17 sur 21 · S D'ABEL · texte numérisé non relu

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128 Chapitre IV.

un retentissement très grand dans le monde. Use passa deux ans (juillet i83o) avant que l'Académie des Sciences de Paris n'accordât un prix à ses œuvres, encore ce prix fut-il partagé avec Jacobi, ce qui marque Tesprit dans lequel il était décerné ; enfin, il fallut attendre treize ans avant que le Mémoire sur le théorème d'addition fût retrouvé. Personne, hofmis le jeune mathématicien allemand, ne semblait comprendre l'intérêt de cette recherche.

Mais dès que, dans un public moins restreint, le nom d'Abel commença d'être connu, on apprit sa vie malheureuse, et cette destinée misérable mit sur son nom une auréole de gloire, mieux que ne l'auraient pu faire les décisions des Académies, car, si les hommes savent rarement admirer, ils aiment, en revanche, à plaindre un génie malheureux et à poursuivre de diatribes ceux qu'ils peuvent accuser d'avoir causé son malheur.

En 1843, une Notice sur Abel parut dans la Biographie de Michaud, on y lisait ceci :

« Nous élevons la voix pour demander compte à ces hommes égoïstes qui, par leur indifférence, ont contribué à abréger les jours d'Abel, pour leur demander compte, disons-nous, de toutes les découvertes que sa mort nous a ravies et dont quelques-unes qu'il a énoncées sans démonstration frappent d'étonnement ceux qui peuvent en comprendre l'importance. Était-ce bien le temps au xix« siècle de renouveler la mort de Camoëns. . . »

Joint à cette rhétorique, le nom d'Abel atteignit à cette première sanction de la gloire qu'est un article de dictionnaire.

Si nous donnons ici le texte même de cet article, c'est qu'il amena une réponse d'Arago, qui, alors Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, tenta de disculper ses collègues et

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