SBS ORIGINES ET SA BIOGRAPHIE
et refuse de lui rendre l'argent auquel la succession paternelle lui donne di'oit. Devant cette rigueur de ceux qu'elle aime le plus au monde, Thérèse a un moment de révolte contre son destin, elle se maudit et maudit Niembsch : « Grand Dieu ! mon cher Niembsch, quel pays ! lui écrit-elle du petit village où elle s'est réfugiée, d'affreuses montagnes entassées les unes sur les autres, un misérable hameau dans les profondeurs de la vallée. Mon frère habite une maison très mal aménagée. — Comment je me trouve? — Il me semble que ne vivrai ici que jusqu'à demain. Si loin de tous ceux que j'aime et dont je suis séparée, dans une contrée qui fait peur, je me vois tout à fait, oui, tout à fait abandonnée et si loin de toi, sans savoir même si je te reverrai, sans savoir comment tu vas I Peut-it y avoir une situation plus douloureuse (i)? » Et ailleurs : « Voici qu'il est consommé, mon affreux destin, tu m'as abandonnée. Hier j'ai reçu de ma sceur une lettre où elle m'annonce que ma mère n'autorise pas notre union. Il n'y a pas de loi qui lui donne ce pouvoir — c'est qu'elle ne veut pas me donner mon capital ; pourtant je n'aurais pas tout exigé, bien qu'elle soit forcée de me le donner si je le voulais, car c'est ma propriété. Tout cela ne me cause pas la moindre inquiétude. Mais toi ! Tu as décidé mon malheur, tu as cherché à m' éloigner, j'ai dû faire ce voyage fatigant, afin que tu puisses, tout à ton aise, passer ces derniers jours à Altofen et revenir au régiment. Combien de fois ne t'ai-je pas conjuré d'être sincère, combien de fois ne t'ai-je pas conjui*é de ne pas me laisser partir? Oh, il faut que tu aies un coeiïr inhumain, pour que je puisse devenir une charge pour toi, moi qui t'ai sacrifié mon bonheur tout entier et tout ce que j'ai. Et tu ne m'as pas même accordé la faveur de rester auprès de toi pendant ces der-
(i) Carassova, i4 avril i'^. Non» laissons à ce» lettres tout le décousu qu'elles ont dons rorîgiiial.
irs (i)! I) Elle souhaite la mort pour elle et pour ni. Oh, pourquoi s'est-elle livrée à cet homme sans s!
ttre suivante est de nouveau très humble. La pauvre le peut s'empêcher d'aimer et de craindre fi la fois est le maître de sa destinée. Ce sont les parents de h qui ont tous les 4orts : u Tes parents m'ont couhonte et d'opprobre i), lui écrit-elle le a6 juin. Et elle sait le plus court cliemln pour arriver jusqu'à f, elle lui envoie sa dernière obole. Désonnais il ne plus rien. Qu'importe? Elle vendra ses vêtements rer les frais de l'accouchement, lemier moment pourtant, la mère de Thérèse se tendrir et se réconcilie avec elle. Mais les parents de h restent intraitables. Le jeune officier n'obtient nd'peine son congé et se rend à Pest. Le mariage y ré en toute hâte le 6 août. Dès le q8 du même mois accouchait d'une fille à Uj-Pecs, oii son mari avait n maigre emploi de greffier. D'Uj-Pecs les nouveaux mt bientôt envoyés à Lippa où leur second enfant, ne fiUe, vient au monde. Enfin, c'est It Csatad, leur e résidence, à quatre lieues de Temesvar, dans le |ue naquit le petit garçon qui devait recevoir les ; Nicolas-François (a). Dès le printemps de i8o3, .rc l'année suivante, parents et enfants se transpor- Bogschan. Lenau n'a donc pu conserver aucune E souvenir des lieux où le hasard a placé sa naissance, de la douloureuse tragédie que nous ont racontée '.s simples et passionnées de sa mère.
vril 1899.
egistre paroissial porte; Annus iSoa, dies i3 Augusti, nomen rolaus Franciscus, Parentes Franciscus Nicnibsch Regio , coDlraicriba Theresia. Patrini Nicnlaus Helil Itegio Camemeister. Baptisans Josephiis Grubcr Parochws.
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